📌 Marine Le Pen inéligible en 2027 : Bardella dénonce une sanction disproportionnée pour un différend administratif
Posted 2 février 2026 by: Admin

L’Offensive Médiatique De Jordan Bardella À La Veille Du Verdict
À quelques heures d’une échéance judiciaire cruciale, Jordan Bardella a choisi la confrontation directe. Ce lundi 2 février, le président du Rassemblement national s’est exprimé sur BFMTV-RMC avec une clarté sans équivoque : Marine Le Pen est innocente et doit pouvoir se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
« Je souhaite de tout cœur qu’elle puisse porter nos couleurs à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré, affirmant sans détour croire en son innocence. Cette intervention stratégique intervient la veille des réquisitions du parquet général dans le procès en appel de la triple candidate à l’Élysée.
Le timing de cette prise de parole n’a rien d’anodin. Bardella se positionne en premier défenseur de celle qui incarne l’avenir électoral du parti. Sa sortie médiatique vise à installer un récit politique avant que la justice ne rende ses conclusions : celui d’une dirigeante injustement attaquée plutôt que d’une prévenue face à ses responsabilités.
Le président du RN anticipe le pire : une confirmation de la peine d’inéligibilité qui priverait Marine Le Pen de la présidentielle. Son message cible directement l’opinion publique, cherchant à transformer une éventuelle condamnation en injustice démocratique. Une stratégie de défense qui dépasse largement le cadre judiciaire pour s’inscrire dans une bataille de perception politique.

L’Argumentaire Du RN : « Désaccord Administratif » Contre Accusation Pénale
La ligne de défense déployée par Jordan Bardella repose sur une requalification radicale des faits. Là où la justice évoque des emplois fictifs, le président du RN oppose un simple « désaccord administratif avec le Parlement européen ». Une minimisation stratégique qui vise à désamorcer la gravité des accusations.
« Beaucoup de Français ne comprendraient pas que, sur la base d’un désaccord administratif avec le Parlement européen, on prive de candidature une patriote qui a toujours été en première ligne de la vie politique », a-t-il martelé. Cette formulation évacue toute dimension pénale pour réduire l’affaire à un conflit de procédure entre institutions.
Bardella insiste : ni enrichissement personnel, ni détournement de fonds. « Elle n’a rien à se reprocher », affirme-t-il, rejetant en bloc la qualification d’emplois fictifs. Le RN construit ainsi un récit alternatif où Marine Le Pen devient victime d’une interprétation rigide de règles administratives, non d’une fraude caractérisée.
Cette stratégie rhétorique vise un double objectif : légitimer la candidate aux yeux de l’électorat tout en préparant le terrain d’une éventuelle contestation politique du verdict. En transformant une affaire judiciaire en bataille de légitimité démocratique, le parti tente de déplacer le débat du terrain pénal vers celui de la souveraineté populaire. Une manœuvre qui anticipe la sentence à venir en cherchant déjà à en neutraliser l’impact électoral.

Les Enjeux Financiers Et Juridiques Déjà Actés
Au-delà des arguments politiques, les conséquences financières de l’affaire sont déjà inscrites dans les faits. Le tribunal a chiffré le préjudice économique subi par le Parlement européen à 3,2 millions d’euros. Une somme que le Rassemblement national a réglée, confirmant ainsi la reconnaissance partielle des griefs sur le plan civil.
À cette somme s’ajoutent 200.000 euros au titre du préjudice moral et 80.000 euros pour les frais d’avocats de la partie civile. Au total, 3,48 millions d’euros ont quitté les caisses du parti, traduisant l’ampleur matérielle du dossier bien avant toute décision pénale définitive.
Ce mardi matin, les avocats du Parlement européen prendront la parole pour leurs plaidoiries, attendues pendant environ deux heures. Une étape procédurale qui rappellera les fondements de l’accusation et le préjudice subi par l’institution européenne. La partie civile aura ainsi l’occasion de réaffirmer sa position avant que le parquet général ne formule ses réquisitions.
Car c’est bien l’après-midi qui concentre toutes les attentions. Aux alentours de 13h30, les avocats généraux dévoileront leurs réquisitions, moment décisif qui déterminera si une peine d’inéligibilité sera à nouveau sollicitée. Rien ne garantit qu’ils reproduiront les demandes de première instance, créant ainsi un suspense judiciaire dont dépend l’avenir électoral de Marine Le Pen et, par extension, la stratégie présidentielle du Rassemblement national.

Le Spectre D’une Peine Historique : Entre Précédent Judiciaire Et Blocage Politique
Ces réquisitions rappelleront inévitablement le précédent du 31 mars 2025. Ce jour-là, Marine Le Pen avait écopé de la condamnation la plus sévère de sa carrière politique : 4 ans de prison dont 2 avec sursis, 100.000 euros d’amende et, surtout, 5 ans d’inéligibilité assortis de l’exécution provisoire.
Cette dernière mesure constitue le véritable couperet. Contrairement à l’emprisonnement avec sursis ou à l’amende, l’inéligibilité avec exécution provisoire s’applique immédiatement, sans attendre l’issue d’un éventuel pourvoi en cassation. Une épée de Damoclès qui pèse directement sur la présidentielle de 2027.
Le paradoxe procédural amplifie l’incertitude. En première instance, le parquet n’avait pas requis cette peine d’inéligibilité. Pourtant, le tribunal l’avait prononcée de sa propre initiative, provoquant ce que l’on a qualifié de « choc politique majeur en France comme à l’étranger ». Cette autonomie de la juridiction souligne l’imprévisibilité du dossier et explique la nervosité qui entoure les réquisitions de ce mardi.
Si la cour d’appel confirmait cette peine, Marine Le Pen serait définitivement écartée de la course à l’Élysée. Pour le Rassemblement national, cette perspective ne relève plus du scénario théorique mais d’une menace concrète, capable de bouleverser l’échiquier politique français et de contraindre le parti à repenser entièrement sa stratégie présidentielle.










