Le Medef propose un nouveau CDI pour les jeunes résiliable sans motif pendant les premières années, vingt ans après l’échec du CPE qui avait embrasé la France en 2006. Cette proposition inspire du modèle italien et provoque déjà l’indignation des syndicats, qui menacent de mobilisation. La CGT dénonce un projet « pire que le CPE ».

Vingt ans après l’onde de choc du CPE, le Medef…

Le Retour D’un Spectre : Un CDI Résiliable Sans Motif
Vingt ans après l’onde de choc du CPE, le Medef provoque un nouveau séisme social. Dans une note transmise le 28 février aux organisations syndicales, la première organisation patronale française propose un contrat à durée indéterminée d’un genre inédit : un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années ». La formule, à peine voilée, ressuscite les fantômes de 2006.
L’architecture du dispositif repose sur une flexibilité radicale. L’employeur pourrait mettre fin au contrat à sa convenance durant la phase initiale, sans avoir à justifier sa décision. En contrepartie, le salarié bénéficierait d’une « indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté » en cas de rupture. Un mécanisme censé équilibrer la précarité subie et la protection accordée.
Le Medef invoque un objectif explicite : faciliter l’embauche des jeunes et dynamiser le marché du travail. Selon l’organisation patronale, la rigidité du CDI classique constitue un frein majeur au recrutement des primo-entrants. Ce nouveau contrat viserait à lever ce verrou en offrant aux entreprises une souplesse qu’elles réclament depuis des années.
Mais cette liberté de rompre sans motif interroge la nature même du CDI, socle historique de la sécurité de l’emploi en France. Entre promesse d’insertion professionnelle et risque de précarisation institutionnalisée, le débat s’annonce explosif.


