📌 Maurice Le Coutour, doyen des hommes français et témoin de trois guerres mondiales, s’éteint à 111 ans
Posted 23 janvier 2026 by: Admin

La Vie D’Un Homme Qui A Traversé Un Siècle
Né le 12 mai 1914, quelques semaines avant que les canons de la Première Guerre mondiale ne résonnent, Maurice Le Coutour incarnait à lui seul plus d’un siècle d’Histoire française. Sa vie s’est déployée sur une période extraordinaire : trois conflits majeurs, plusieurs républiques, l’arrivée de la télévision puis d’Internet. Témoin privilégié des mutations profondes qui ont façonné la France moderne, il avait conservé une mémoire intacte malgré ses 111 ans.
Résidant depuis plusieurs années à l’Ehpad du Chosel, après une longue vie passée à Gouberville, près de Barfleur, cet homme discret avait vu défiler les époques sans jamais perdre son ancrage dans sa terre normande. Sa longévité exceptionnelle n’était pas qu’une prouesse biologique : elle représentait un fil continu reliant le début du XXe siècle à notre époque numérique.
Cette existence hors norme s’est achevée paisiblement dans la nuit du 22 au 23 janvier, dans cette même commune de Barfleur qui avait été le théâtre de ses dernières années. Maurice Le Coutour s’éteint comme il avait vécu : en silence, loin des projecteurs, laissant derrière lui le souvenir d’une vie traversée avec humilité et dignité.

Un Titre Honorifique Acquis Récemment
Maurice Le Coutour n’occupait ce rang symbolique de doyen masculin des Français que depuis janvier 2024. Il avait succédé à André Ludwig, lui aussi décédé à 111 ans, héritant ainsi d’un titre rare qui témoigne d’une longévité exceptionnelle au sein de la population masculine française.
Ce statut, officiellement reconnu, ne représentait pour lui qu’une reconnaissance tardive d’une existence déjà extraordinaire. Devenir doyen à 110 ans signifiait qu’il avait dépassé tous les hommes de sa génération, survivant à ceux nés dans les années 1910 et même au-delà. Cette distinction statistique, aussi prestigieuse soit-elle, masquait une réalité plus profonde : celle d’un homme qui avait vu disparaître autour de lui l’intégralité de ses contemporains.
La transmission de ce titre entre centenaires illustre la rareté de ces longévités extrêmes. En France, franchir le cap des 110 ans demeure un phénomène démographique marginal, réservé à quelques dizaines de personnes tout au plus. Maurice Le Coutour n’aura porté ce rang que deux années, une période brève mais qui suffisait à inscrire son nom dans les registres de la longévité française.
Derrière ce titre honorifique se cachait surtout un homme marqué par le poids des années et des souvenirs accumulés.

Un Homme Discret Marqué Par Les Épreuves
Au-delà des chiffres et des records, Maurice Le Coutour incarnait avant tout une humanité discrète, profondément enracinée dans sa Normandie natale. Ceux qui l’ont côtoyé à Barfleur et à Gouberville gardent le souvenir d’un homme humble, peu enclin à se mettre en avant malgré son parcours exceptionnel.
Cette modestie contrastait avec l’ampleur des bouleversements qu’il avait traversés. Trois guerres, l’effondrement et la reconstruction de la France, l’émergence d’un monde qu’il ne reconnaissait plus toujours. Sa mémoire, restée intacte jusqu’aux derniers mois, portait le poids de ces décennies accumulées. Si son esprit demeurait vif, ses témoignages laissaient transparaître la fatigue de celui qui a vu défiler trop de générations, trop de deuils, trop de ruptures.
Ancré dans sa terre normande, Maurice n’avait jamais vraiment quitté ce coin de Manche qui l’avait vu naître en 1914. Cette fidélité territoriale révélait une constance rare, celle d’un homme attaché à ses racines malgré les tempêtes du siècle. Son passage à l’Ehpad du Chosel marquait simplement la dernière étape d’une existence vécue dans un périmètre géographique restreint, mais traversée par l’Histoire universelle.
C’est dans cette discrétion qu’il s’est éteint, laissant derrière lui un héritage fait de souvenirs et de silences, typique de ces témoins du temps qui parlent peu mais ont tout vu.

La Relève Féminine De La Longévité Française
Maurice Le Coutour s’est éteint paisiblement dans la nuit du 22 au 23 janvier 2025 à Barfleur, emportant avec lui le titre de doyen masculin des Français. Sa disparition marque la fin d’une trajectoire de 111 ans, mais ne clôt pas l’histoire exceptionnelle de la longévité hexagonale.
Désormais, c’est Marie-Rose Tessier qui incarne cette continuité. Âgée de 115 ans, elle demeure la doyenne actuelle des Français et réside aux Sables-d’Olonne, en Vendée. Son âge la place parmi les personnes les plus âgées au monde, témoignage vivant d’une génération qui traverse les décennies avec une résistance hors norme.
La transmission de ce flambeau symbolique illustre une réalité démographique : les supercentenaires français, bien que rares, perpétuent une mémoire collective unique. Chaque doyen disparu laisse place à un autre gardien du temps, porteur d’une histoire nationale façonnée par les mêmes bouleversements.
Avec le départ de Maurice Le Coutour, la France perd l’un de ses derniers témoins nés avant 1915. Marie-Rose Tessier, née quelques mois après lui, poursuit seule ce voyage dans un siècle qui n’était pas le leur au départ, mais qu’ils ont traversé de bout en bout.










