📌 Ozempic : 1 600 cas graves et 65 décès recensés, une plainte collective en préparation contre Novo Nordisk
Posted 12 mars 2026 by: Admin

Une Plainte Collective En Préparation Contre Novo Nordisk
L’Ozempic, médicament star de la perte de poids, fait face à une offensive judiciaire sans précédent. Me Pierre Debuisson, avocat toulousain, prépare une plainte collective contre le laboratoire Novo Nordisk, fabricant du traitement, selon les révélations de L’Est Républicain. Le dépôt est prévu courant 2026 auprès du procureur de la République du pôle de santé publique du parquet de Paris.
Le reproche ? Ne pas avoir suffisamment alerté sur les effets secondaires graves du médicament. L’avocat a déjà reçu une demi-douzaine de plaintes de patients affirmant avoir subi de lourdes complications. « Une de mes clientes a même subi un AVC qui lui a fait perdre la vue », témoigne-t-il, révélant l’étendue des dommages allégués.
Les chiffres officiels confirment l’ampleur du phénomène. Depuis la commercialisation en 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé 1 600 cas graves liés aux médicaments de la famille des aGLP-1, dont fait partie l’Ozempic. Parmi eux, 65 décès. En France, environ 870 000 personnes sont actuellement traitées par ces molécules.
Cette procédure judiciaire pourrait marquer un tournant majeur dans l’encadrement de ces traitements devenus emblématiques de la médecine de la minceur. Le géant pharmaceutique se retrouve désormais face à une vague de contestation qui interroge la balance bénéfice-risque de son blockbuster.

Des Effets Secondaires Graves Dénoncés Par Les Patients
Les témoignages recueillis par Me Debuisson dressent un tableau alarmant. Les cas les moins sévères rapportent des douleurs abdominales persistantes, des vomissements récurrents et une gastroparésie, cette paralysie de l’estomac qui retarde sa vidange et provoque un inconfort digestif majeur.
Mais les complications les plus préoccupantes vont bien au-delà. Plusieurs patients souffrent d’insuffisance rénale nécessitant une prise en charge médicale lourde. D’autres ont développé des pancréatites, inflammation aiguë du pancréas potentiellement mortelle. Le cas le plus dramatique reste celui de cette patiente victime d’un accident vasculaire cérébral qui l’a privée définitivement de la vue.
Ces drames individuels s’inscrivent dans une tendance statistique inquiétante. Sur les 870 000 Français traités par des médicaments aGLP-1, 1 600 cas graves ont été officiellement signalés depuis 2019, aboutissant à 65 décès. Des chiffres qui interrogent d’autant plus que l’Ozempic était initialement destiné au diabète de type 2, non à un usage généralisé pour la perte de poids.
L’écart entre l’image glamour véhiculée par ces « médicaments minceur » et la réalité médicale de certains patients crée un malaise grandissant. Un malaise qui pourrait trouver son origine dans les conditions mêmes de prescription de ces traitements.

Un Détournement D’Usage Pointé Du Doigt
Ce malaise trouve en partie sa source dans un phénomène de détournement massif. Conçu pour traiter le diabète de type 2, l’Ozempic s’est progressivement imposé comme solution miracle pour perdre du poids, y compris chez des personnes ne présentant aucune pathologie justifiant un tel traitement.
Me Debuisson ne mâche pas ses mots : « Il faut que les médecins arrêtent de prescrire ces médicaments à des patients qui présentent seulement un léger surpoids. On l’utilise comme un complément alimentaire à visée esthétique. Or, il ne faut surtout pas oublier que c’est un médicament ! » Cette banalisation des prescriptions transforme un traitement lourd en accessoire de régime, avec tous les risques que cela comporte.
Le Pr Boris Hansel, endocrinologue-nutritionniste à l’hôpital Bichat, affine le diagnostic : « Le médicament n’est pas forcément trop prescrit, mais il est mal prescrit. » Selon lui, le problème résulte d’une confusion fondamentale. Ces traitements sont présentés comme des solutions temporaires pour maigrir, alors qu’ils ciblent en réalité des maladies chroniques nécessitant un suivi au long cours.
Cette méprise explique pourquoi de nombreux patients abandonnent le traitement après un ou deux ans, ignorant qu’ils s’exposent à un effet rebond potentiellement dangereux. Une utilisation inappropriée qui pourrait masquer des risques encore plus préoccupants.

Des Interrogations Scientifiques Sur Un Risque Cancérigène
Au-delà des complications immédiates, une inquiétude plus sourde émerge du côté de la recherche. Une étude française publiée dans la revue scientifique Diabetes Care a établi un lien troublant : une augmentation du risque de cancer de la thyroïde chez les patients traités par GLP-1 pendant un à trois ans. Le risque concerne particulièrement la forme médullaire, l’une des plus agressives.
Cette révélation intervient alors que 870 000 Français suivent actuellement ce type de traitement. Pourtant, d’autres analyses scientifiques ne retrouvent pas de corrélation statistiquement significative, ce qui incite les chercheurs à la prudence. L’incertitude demeure, alimentant les craintes d’effets à long terme encore méconnus.
Face à ces données contradictoires, le laboratoire Novo Nordisk se veut rassurant. « La sécurité des patients est une priorité », assure-t-il, précisant suivre attentivement tous les signalements d’effets indésirables. Une position défensive qui pourrait ne pas suffire à éteindre les polémiques.
La procédure judiciaire annoncée par Me Debuisson promet de replacer ces questions au cœur du débat public. Entre usage détourné, effets secondaires graves et soupçons cancérigènes, l’Ozempic cristallise désormais toutes les tensions autour de la médecine de la minceur et ses dérives potentielles.










