📌 Paris : 60 enquêtes pour violences sexuelles en périscolaire révèlent des failles dans le recrutement des animateurs
Posted 31 janvier 2026 by: Admin

L’Horreur Révélée : Quand Une Fillette De 3 Ans Brise Le Silence
C’était la veille des vacances d’avril lorsque Anne a appris l’impensable. Deux plaintes venaient d’être déposées au commissariat du 11ème arrondissement de Paris. Des enfants auraient été agressés sexuellement à l’école Baudin, où sa fille de 3 ans et demi est scolarisée. Un animateur périscolaire est visé.
La mère de famille emmène alors sa petite au parc pour le goûter. Elle doit lui poser « ces questions affreuses ». Est-ce qu’elle joue souvent avec cet animateur ? Est-ce qu’il lui fait des câlins ? « Je lui dis ‘est-ce que tu peux me montrer comment il fait les câlins ?’ Elle m’a fait un énorme câlin en passant la main sous mon T-shirt », raconte Anne, la voix tremblante.
Le ventre serré, elle poursuit. A-t-il fait autre chose ? La fillette répond « Oui ». Anne lui montre ses parties génitales et ses fesses. La réponse de l’enfant glace le sang : « Oui, oui, il me tripote là ».
« Je me souviens, je suis allée vomir derrière un buisson », confie la mère des sanglots dans la voix. En quelques mots prononcés avec l’innocence de ses 3 ans et demi, la fillette venait de révéler des attouchements présumés. Une révélation qui ouvrirait la voie à d’autres découvertes encore plus accablantes sur les défaillances du système.

Une Défaillance Systémique : Les Signalements Ignorés Depuis Septembre 2024
Pourtant, ces accusations auraient pu être évitées. Convoqués par l’école, la Dasco et la CASP, Jérôme et Anne découvrent une vérité encore plus glaçante : l’institution savait.
Une mère se lève en colère lors de la réunion. Dès septembre 2024, elle avait signalé un attouchement sexuel sur son fils auprès du directeur de l’école. L’animateur visé ? Le même. Pire encore : « Il avait déjà des casseroles dans une autre école », révèlent les parents. Malgré ces antécédents, il a été maintenu en poste.
Face aux problèmes constatés en petite section, la solution adoptée a été de le déplacer vers les moyennes sections. Un simple changement d’affectation plutôt qu’une mise à l’écart.
Les révélations s’enchaînent. Depuis septembre, une dizaine d’événements graves ont été remontés à la Dasco et à la CASP : enfants dissimulés derrière des poubelles, menaces de mort proférées (« je vais t’ouvrir le ventre »). Plusieurs mails d’alerte ont été envoyés. Aucune mesure protective efficace n’a été prise.
Le couple s’insurge : « On apprend que depuis septembre, il y a une dizaine d’événements graves et alarmants qui ont été reportés ». Une succession de signalements restés sans réponse pendant des mois, pendant lesquels l’animateur a continué à exercer au contact des enfants. Une défaillance qui trouve écho dans un problème bien plus vaste à l’échelle de la capitale.

Paris Face À Une Crise Du Périscolaire : 60 Enquêtes En Cours
Cette défaillance n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une crise systémique du périscolaire parisien que révèle Elle magazine : 60 enquêtes pour violences sexuelles dans les écoles sont actuellement en cours à Paris. La majorité concerne le temps périscolaire.
L’ampleur du phénomène a conduit Cash Investigation à enquêter sur les racines du problème. « Cash Investigation s’est intéressé aux origines du problème, à savoir les conditions de travail et de recrutement de ces animateurs », explique l’équipe d’Elise Lucet. Le constat est accablant : bon nombre de mairies se montrent peu regardantes sur les profils des postulants.
Le cas de David G. illustre cette négligence généralisée. Malgré ses antécédents dans une autre école, il a été recruté puis maintenu en poste. Les procédures de vérification semblent défaillantes, les signalements restent lettre morte.
Cette investigation met en lumière un système de recrutement insuffisamment sécurisé, où les vérifications de casier judiciaire et les enquêtes de moralité ne suffisent manifestement pas. Les conditions de travail précaires et le turnover élevé compliquent également le suivi des animateurs.
Le reportage de France 2 diffusé ce jeudi 29 janvier 2026 lève le voile sur un angle mort de la protection de l’enfance. Derrière ces 60 enquêtes se cachent des dizaines de familles confrontées au même cauchemar que Jérôme et Anne, attendant que la justice se prononce enfin.

Justice En Attente : Un Procès Reporté, Une Fillette Qui Va Bien
David G., 35 ans, devait comparaître en décembre dernier devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est accusé d’agressions sexuelles sur mineur de 15 ans au préjudice de cinq enfants âgés de 3 à 5 ans. Le procès a été reporté au 26 mai 2026.
Six mois de délai supplémentaire pour les familles en quête de réponses. L’accusé nie les faits : « Il n’y a pas eu de contact intimement avec les enfants », s’est-il défendu dans les médias. Une déclaration qui contraste avec les témoignages précis des jeunes victimes et les accusations circonstanciées portées contre lui.
Cinq enfants de 3 à 5 ans attendent que la justice se prononce. Cinq parcours brisés par des gestes qui auraient pu être évités si les signalements de septembre 2024 avaient été pris au sérieux.
Pour la fillette de Jérôme et Anne, la vie a repris un cours plus apaisé. « Aujourd’hui, elle va bien », assurent ses parents. Changement d’école, suivi psychologique, reconstruction progressive. Mais derrière cette résilience se cache une question lancinante : combien d’autres enfants auraient pu être épargnés si les autorités avaient agi dès le premier signalement ?
Le report du procès illustre la lenteur d’un système judiciaire confronté à une vague de dossiers similaires. Pendant ce temps, les familles attendent. Et les questions restent sans réponse.









