📌 Pascal Praud au cœur d’une polémique raciale : LFI et le PS saisissent l’Arcom après ses propos sur les agriculteurs « blancs »

Posted 13 janvier 2026 by: Admin
L’Incident Qui Embrase La Scène Médiatique
Ce mardi 13 janvier 2026, une séquence de « L’Heure des Pros » sur CNews déclenche une tempête politique. Alors que Pascal Praud commente des images de tensions entre forces de l’ordre et agriculteurs sur l’autoroute A64, l’animateur tient des propos qui vont rapidement embraser la classe politique.
« Manifestement les policiers font leur travail et les gens en face sont blancs. Non mais c’est important de le dire, parce que c’est pas facile pour les policiers, ils sont obligés de s’interposer en plus avec des gens de qui ils partagent parfois les convictions ou (…) les origines », déclare le présentateur star de la chaîne d’information.
Cette sortie établit un lien direct entre l’origine ethnique des manifestants et la difficulté présumée d’intervention des policiers. En suggérant que le maintien de l’ordre serait conditionné par la couleur de peau des citoyens, Pascal Praud franchit une ligne rouge symbolique : celle qui impose à la République de traiter tous ses citoyens de manière égale, sans distinction d’origine.
Les réactions politiques ne tardent pas. Cette déclaration, diffusée en direct sur une chaîne suivie par plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs, soulève immédiatement la question des limites de la liberté d’expression dans l’audiovisuel français.
La Réaction Politique Immédiate De La France Insoumise
La riposte de La France insoumise s’organise sur les réseaux sociaux quelques heures à peine après la diffusion. Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, annonce ce mardi une double saisine juridique : l’Arcom, régulateur de l’audiovisuel, et le procureur de la République.
Sur X, le responsable politique pose un cadre républicain sans équivoque : « En France, n’en déplaise à Pascal Praud, la police n’a pas à agir en fonction de la couleur de peau. » Cette phrase résume l’argumentaire juridique de LFI, qui qualifie les propos de « racistes inacceptables ».
La stratégie du mouvement insoumis repose sur deux leviers institutionnels distincts. L’Arcom dispose du pouvoir de sanctionner les manquements aux obligations déontologiques des chaînes, tandis que le procureur peut engager des poursuites pénales si les propos tombent sous le coup de la loi.
Cette offensive juridique traduit une volonté politique claire : transformer l’indignation en procédure formelle. En sortant du simple débat médiatique pour saisir les autorités compétentes, LFI entend démontrer que certaines lignes discursives, même prononcées à l’antenne d’une chaîne nationale, relèvent désormais d’un traitement judiciaire.
L’affaire Praud devient ainsi un test de la régulation de l’audiovisuel français face aux propos mettant en cause l’égalité républicaine.
L’Extension De La Polémique À Gauche
La condamnation dépasse rapidement le périmètre de La France insoumise. Sur X, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, entre dans l’arène avec une formule cinglante : « Il y a une extrême droite totalement décomplexée qui ne masque plus rien du fond de sa pensée, s’il est possible d’appeler ça une pensée… »
Le patron du PS joint son appel à celui de Manuel Bompard en réclamant également l’intervention de l’Arcom. Cette convergence dessine un front commun à gauche sur une question qui transcende les clivages internes : la notion d’égalité républicaine face à l’action policière.
L’expression choisie par Faure — « extrême droite totalement décomplexée » — ne vise pas uniquement Pascal Praud. Elle cible un phénomène plus large : la banalisation progressive, sur certaines antennes, de propos qui questionnent ouvertement le principe d’égalité devant la loi. En suggérant que la police pourrait moduler son action selon l’origine ethnique des manifestants, l’animateur de CNews franchirait une ligne rouge.
Cette alliance tactique entre PS et LFI, rare sur le terrain médiatique, transforme l’incident en enjeu politique majeur. Les deux formations entendent démontrer qu’au-delà de leurs divergences stratégiques, certaines dérives discursives appellent une réponse unitaire.
L’affaire interroge désormais les limites de la liberté d’expression à l’antenne et le rôle du régulateur face à des propos touchant aux fondements républicains.
Contexte Et Enjeux Réglementaires
L’incident ne survient pas sur n’importe quelle antenne. CNews, propriété du groupe Bolloré, s’est imposée comme la deuxième chaîne d’information en continu de France. Pascal Praud, figure tutélaire de « L’Heure des Pros », incarne cette ligne éditoriale assumée qui génère régulièrement controverses et audiences record.
Le positionnement de la chaîne dans le paysage audiovisuel français explique en partie l’ampleur de la réaction politique. Régulièrement épinglée par l’Arcom pour manquement au pluralisme ou propos litigieux, CNews cristallise les tensions autour du rôle du régulateur. L’institution dispose d’un arsenal de sanctions : mise en demeure, suspension de diffusion, voire retrait d’autorisation dans les cas extrêmes.
La double saisine annoncée par LFI — Arcom et procureur de la République — témoigne d’une stratégie sur deux fronts. Sur le plan réglementaire, l’enjeu porte sur le respect des obligations déontologiques des médias audiovisuels. Sur le plan pénal, la qualification de propos à caractère raciste pourrait relever de l’article 24 de la loi sur la presse de 1881.
Pour Pascal Praud et CNews, les prochains jours s’annoncent déterminants. L’Arcom devra trancher : simple maladresse d’antenne ou violation caractérisée du principe d’égalité républicaine ? La réponse institutionnelle fixera les limites du discours acceptable sur les ondes françaises.










