Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné Patrick Balkany, jeudi 28 mai 2026, dans deux dossiers distincts de détournements de fonds publics. L’ancien maire de Levallois-Perret écope de prison ferme, de lourdes amendes et d’une nouvelle peine d’inéligibilité, mais sans incarcération immédiate.
En bref
- —Deux condamnations pour détournements de fonds publics
- —850 000 euros d’amendes au total
- —La défense annonce faire appel
Une double condamnation prononcée à Nanterre
La décision est tombée jeudi 28 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Patrick Balkany, 77 ans, a été reconnu coupable dans deux affaires distinctes de détournements de fonds publics.

Dans le premier dossier, l’ancien maire de Levallois-Perret a été condamné à quinze mois d’emprisonnement ferme. Dans le second, la peine prononcée atteint trois ans de prison ferme.
Le jugement intervient après des audiences au cours desquelles l’ancien élu contestait les accusations portées contre lui. Selon les éléments rapportés par les médias présents et l’AFP, le tribunal a retenu la gravité des faits reprochés, tout en ne prononçant pas de mandat de dépôt.
Deux dossiers liés à l’usage de moyens publics
Le premier volet concerne un emploi présumé fictif dans une association liée à la mairie de Levallois-Perret. D’après les éléments rapportés, des fonds d’une structure subventionnée par la ville auraient servi à compléter les revenus d’un ancien collaborateur.

Le second dossier porte sur l’utilisation d’agents municipaux comme chauffeurs personnels. Les faits examinés concernent notamment des policiers municipaux affectés, entre 2010 et 2015, à des missions présentées par l’accusation comme étrangères à leur fonction normale.
Ces deux affaires ont été jugées séparément, mais elles renvoient à une même question : l’usage de ressources publiques au bénéfice d’intérêts privés. C’est ce point que le tribunal a sanctionné dans les deux décisions rendues.
Pour comprendre
Patrick Balkany a dirigé Levallois-Perret pendant de nombreuses années et reste associé à plusieurs affaires judiciaires. Cette nouvelle décision concerne spécifiquement des faits de détournements de fonds publics examinés par le tribunal correctionnel de Nanterre.
Amendes, inéligibilité et absence d’incarcération immédiate
Au-delà des peines de prison, Patrick Balkany a été condamné à deux amendes : 350 000 euros dans un dossier et 500 000 euros dans l’autre. Le total atteint donc 850 000 euros.

Le tribunal a également prononcé dix ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique. Ces sanctions ont une portée politique directe pour l’ancien élu, longtemps figure de la droite locale dans les Hauts-de-Seine.
La juridiction n’a toutefois pas ordonné son incarcération immédiate. Cette absence de mandat de dépôt a été expliquée par l’âge de Patrick Balkany, selon les informations rapportées à l’issue du jugement.
La présidente du tribunal a souligné la portée démocratique du dossier, estimant que ces pratiques abîment le lien de confiance entre les administrés, leurs représentants et les institutions.
La défense conteste et annonce un appel
Patrick Balkany n’était pas présent au délibéré, son avocat ayant évoqué une hospitalisation. La défense a cependant réagi rapidement à la décision rendue à Nanterre.

Me Robin Binsard a annoncé son intention de faire appel. Il a aussi relevé que son client n’irait pas immédiatement en détention, déclarant que Patrick Balkany ne passerait « pas un seul jour en détention » à ce stade.
L’appel annoncé signifie que le dossier judiciaire n’est pas clos. Les condamnations prononcées en première instance pourront être réexaminées, tandis que les peines et sanctions restent au cœur d’un nouveau bras de fer judiciaire.
Ce jugement marque une nouvelle étape judiciaire lourde pour Patrick Balkany : prison ferme, amendes importantes et inéligibilité. L’absence de mandat de dépôt évite une incarcération immédiate, mais l’appel annoncé par la défense prolonge le dossier. À retenir : le tribunal a sanctionné non seulement des faits financiers, mais aussi l’usage de moyens publics au profit d’intérêts personnels.


