
Patrick Cohen Dénonce CNews Sur RMC : Une Accusation Frontale
Le 6 avril 2026, Patrick Cohen franchit un cap en accusant publiquement CNews de violer la loi. Invité de l’émission Les Grandes gueules sur RMC et RMC Story, le chroniqueur vedette de C à vous sur France 5 et éditorialiste à la matinale de France Inter livre une charge sans précédent contre la chaîne du groupe Bolloré. Une prise de parole frontale qui intervient dans un contexte où l’Arcom multiplie les sanctions contre CNews depuis plusieurs années.
Le parcours de Cohen confère un poids particulier à ses propos. Animateur historique de la matinale de France Inter entre 2010 et 2017, il avait ensuite rejoint Europe 1 avant d’être remercié et d’effectuer son retour au sein de Radio France. Cette double casquette au service public, associée à son passage par le privé, lui permet d’observer le paysage médiatique français sous plusieurs angles. Face à Olivier Truchot et Alain Marschall, le journaliste ne mâche pas ses mots et établit une distinction radicale entre deux visions du métier.
« Il existe des médias qui cherchent, de façon imparfaite sans doute, à s’approcher du réel. À essayer de toucher à une forme de vérité, à respecter les faits. Et d’autres médias, des réseaux aussi, qui essayent de produire des vérités alternatives », déclare-t-il. Une formulation qui pose les bases d’une accusation autrement plus précise.

La Loi De 1986 Brandie Comme Argument Juridique
Cette distinction tracée, Cohen entre dans le vif du sujet lorsqu’Alain Marschall l’interroge directement : « Mais est-ce que vous faites partie de ceux qui disent qu’il faut fermer CNews ? » La réponse de l’éditorialiste ne laisse aucune place à l’ambiguïté. « Je fais partie de ceux qui pensent que dans l’état actuel – c’est purement factuel -, je pense que CNews est hors-la-loi », affirme-t-il sans détour.
Le journaliste s’appuie sur un fondement juridique précis pour étayer son accusation. « La loi de 86 prévoit un pluralisme interne dans chaque chaîne de télévision. Et cette loi de 86 aujourd’hui, pour tout un tas de raisons que je ne détaillerai pas, n’est pas respectée aujourd’hui par CNews », poursuit-il. En brandissant ce texte fondateur de l’audiovisuel français, Cohen transforme une critique éditoriale en constat juridique.
L’expression « purement factuel » qu’il emploie vise à ancrer son propos dans une analyse objective, loin de toute polémique partisane. En invoquant la loi de 1986, qui impose effectivement aux chaînes de télévision de garantir un pluralisme des courants d’expression, le chroniqueur place le débat sur le terrain du respect des règles communes. Une stratégie argumentative qui ne tardera pas à susciter une avalanche de réactions.

Une Contre-Attaque Immédiate Sur Les Réseaux Sociaux
Cette accusation juridique déclenche instantanément une salve de réponses sur X. Gilles-William Goldnadel, avocat et intervenant régulier des émissions de Pascal Praud sur CNews et Europe 1, riposte avec virulence : « Le méchant clown Cohen ose se plaindre d’un manque de pluralisme sur CNews ! Sa radio de sévices publics y est astreinte plus rigoureusement. Et elle piétine cette obligation systématiquement. De ses journalistes gauchistes à ses humoristes à sens inique ».
Le retournement d’argument est explicite. Goldnadel renvoie l’accusation de non-respect du pluralisme vers Radio France elle-même, qualifiant de « systématique » le piétinement des obligations par la station publique. Les qualificatifs employés – « méchant clown », « journalistes gauchistes » – traduisent la violence de la réaction et la polarisation du débat.
Véronique Genest emboîte le pas avec une ironie tranchante : « Parler de pluralisme quand on travaille à France TV ! C’est une blague ? » L’actrice, elle aussi figure récurrente des antennes du groupe Bolloré, pointe la contradiction supposée entre le discours de Cohen et son appartenance au service public.
Gilbert Collard, ancien député européen, joue sur les mots dans une formule percutante : « Patrick Cohen ‘veut fermer’ CNews, s’il pouvait, lui, la fermer, la liberté y gagnerait en ouverture ! » Sans surprise, les défenseurs de la chaîne contestée mobilisent le registre de la liberté d’expression pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une tentative de censure déguisée en analyse juridique.


