📌 Présidentielle 2027 : Bardella à 35% au premier tour, mais les sondages à 14 mois ont déjà trahi leurs favoris
Posted 20 février 2026 by: Admin

Jordan Bardella, Favori des Sondages : des Chiffres qui Frappent les Esprits
À quatorze mois du premier tour, les premiers indicateurs sondagiers de la présidentielle 2027 dessinent un paysage politique saisissant. Et un nom domine tous les scénarios testés : Jordan Bardella.
Selon une enquête Odoxa & Mascaret réalisée pour Public Sénat et la presse régionale, le président du Rassemblement National recueille près de 35 % des intentions de vote dès le premier tour — un score qui distance nettement ses concurrents dans l’ensemble des hypothèses simulées. Les projections au second tour confirment cette dynamique : Bardella s’y impose avec 53 % face à Édouard Philippe et 56 % face à Gabriel Attal.
Des chiffres qui, à ce stade de la course, font figure de thermomètre politique inédit. Jamais, à une échéance aussi lointaine, un candidat n’avait affiché des marges aussi franches dans les simulations de second tour.
Pourtant, ces résultats doivent être lus pour ce qu’ils sont : un instantané de l’opinion, capturé avant que candidatures définitives, alliances et thèmes de campagne ne façonnent véritablement le scrutin. Car la domination sondagière à plus d’un an du vote a, par le passé, réservé de cinglants démentis aux projections les plus assurées. Un précédent historique, particulièrement éloquent, vient rappeler avec force que les certitudes d’aujourd’hui peuvent s’effondrer rapidement — et que le paysage politique au centre comme à droite est loin d’être stabilisé.

Au Centre et à Droite, une Bataille Serrée et un Électorat en Quête de Repères
Si Bardella occupe seul le sommet, le terrain derrière lui révèle une concurrence fragmentée et un électorat qui peine à se reconnaître dans les prétendants disponibles.
Au sein du bloc central, Édouard Philippe et Gabriel Attal se neutralisent mutuellement. Selon une étude Elabe pour BFMTV datée du 28 janvier 2026, les deux hommes recueillent exactement 23 % chacun lorsque les Français désignent le meilleur candidat pour représenter le centre. Une égalité parfaite qui, loin de témoigner d’une vigueur centriste, masque surtout une désaffection profonde : 48 % des sondés estiment qu’aucun de ces profils ne constitue le représentant idéal du courant macroniste. Un signal d’alarme difficile à ignorer pour un camp qui cherche encore son incarnation post-Macron.
À droite traditionnelle, les rapports de force sont plus lisibles, mais tout aussi provisoires. Bruno Retailleau s’impose en tête avec 25 % des suffrages de son camp, devançant Xavier Bertrand (16 %) et Laurent Wauquiez (12 %). Une hiérarchie qui reflète davantage la visibilité médiatique récente de chaque figure que des dynamiques électorales consolidées.
Car à ce stade, ni les investitures, ni les alliances, ni les programmes ne sont arrêtés. Et l’histoire récente des présidentielles françaises a montré, à plusieurs reprises, à quel point ces variables peuvent redistribuer radicalement les cartes — parfois en quelques semaines seulement.

La Leçon de l’Histoire : Quand les Sondages se Trompent Lourdement
L’histoire récente des présidentielles françaises illustre précisément ce que ces rapports de force provisoires peuvent dissimuler.
Quatorze mois avant le premier tour de 2017, Alain Juppé trustait les sondages et semblait inarrêtable. Emmanuel Macron, lui, n’était même pas testé par les instituts d’enquête. La suite est connue : Macron a remporté l’élection, Juppé n’était déjà plus dans la course dès la primaire de droite.
Pour 2022, le scénario est tout aussi éloquent. Xavier Bertrand figurait parmi les prétendants sérieux dans les projections d’alors. Mais c’est Valérie Pécresse qui a finalement décroché l’investiture LR — avant de s’effondrer à moins de 5 % des suffrages au premier tour. Un précédent brutal qui rappelle combien l’écart entre les sondages à long terme et les résultats définitifs peut s’avérer abyssal.
Le mécanisme est toujours le même : à plus d’un an du scrutin, les instituts testent des personnalités médiatisées, pas nécessairement celles qui seront effectivement candidates. Les investitures, les alliances et les retournements de campagne restent autant d’inconnues capables de réécrire entièrement l’équation électorale.
Ce que mesurent réellement ces sondages — leur portée comme leurs limites — mérite donc d’être examiné avec un regard d’expert.

Ce que Valent Vraiment ces Sondages : la Parole aux Experts
Ce regard d’expert, justement, les professionnels du secteur le portent avec une même prudence assumée.
Christelle Craplet, directrice opinion chez BVA, ne mâche pas ses mots : « Quand vous faites des enquêtes à une telle échéance de l’élection, c’est quand même assez aléatoire. » Un avertissement qui ne vise pas à invalider ces projections, mais à rappeler leur nature profonde : un instantané de l’opinion, capturé dans un contexte politique encore fluide.
Jean-Daniel Lévy, de Toluna France, complète ce diagnostic avec une franchise similaire : « On ne sait pas forcément toujours qui va être candidat. On ne connaît pas forcément les enjeux de campagne. » Deux inconnues fondamentales qui suffisent à relativiser n’importe quelle hiérarchie sondagière à quatorze mois du scrutin.
Ce que mesurent réellement ces enquêtes, c’est avant tout la notoriété médiatique des personnalités testées — non leur potentiel électoral réel au moment du vote. Un candidat inconnu du grand public aujourd’hui peut émerger en quelques semaines de campagne ; un favori des sondages peut s’effondrer au premier coup de feu de la primaire.
Les chiffres actuels offrent donc une photographie utile de l’état de l’opinion en ce début 2026, mais ils ne dessinent pas encore le visage de la présidentielle 2027. Le vrai scrutin, lui, commence à peine à se mettre en place — et les véritables rapports de force se décideront bien plus tard.










