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24 juin 2026

Protections périodiques remboursées : deux ans après le vote, le décret toujours bloqué malgré 4 millions de femmes concernées

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La Mobilisation Des Fabricants : « Publiez Ce Décret »

Face à cette paralysie administrative, trois dirigeantes d’entreprises spécialisées dans les protections menstruelles réutilisables ont décidé de briser le silence. Le 13 janvier 2026, Léocadie Raymond, Pauline de Sentenac et Marion Goilav ont adressé une lettre ouverte aux ministères concernés, exigeant la publication immédiate du décret tant attendu.

« L’urgence sanitaire et sociale ne peut plus attendre. Publiez ce décret », martèlent les signataires, qui rappellent une réalité implacable : tous les éléments sont réunis pour appliquer la mesure. « Il ne manque ni le budget (voté), ni les produits (existants), ni la logistique. Le décret est rédigé. Nous sommes prêts à déployer ces solutions durables », insistent-elles, soulignant l’absurdité de la situation.

Cette mobilisation des acteurs économiques traduit une frustration croissante face à l’inertie gouvernementale. Les fabricants ont investi, développé leurs capacités de production, structuré leurs circuits de distribution. Ils attendent simplement le feu vert administratif pour équiper les populations vulnérables. Pourtant, leur appel est resté sans écho : aucune réponse ministérielle n’a été adressée à leur lettre, prolongeant une attente qui confine désormais à l’absurde pour des entreprises prêtes à honorer un engagement législatif que l’État lui-même ne parvient pas à concrétiser.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

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Les Promesses Non Tenues D’Aurore Bergé

Ce silence gouvernemental détonne d’autant plus qu’il succède à des engagements publics explicites. En mai 2025, interrogée à l’Assemblée nationale sur ce blocage administratif, Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait reconnu sans détour un « retard pas acceptable ». Elle promettait alors que les engagements seraient tenus « avant la fin de l’année » 2025.

Janvier 2026. L’échéance est dépassée, le décret toujours absent. Cette promesse ministérielle rejoint la longue liste des déclarations politiques sans suite concrète, illustrant le fossé béant entre communication gouvernementale et action effective. La ministre avait pourtant qualifié elle-même le retard d’« inacceptable », reconnaissant implicitement l’urgence de la situation.

Cette contradiction flagrante entre discours et réalité érode la crédibilité de l’exécutif sur les questions d’égalité femmes-hommes. Alors que le gouvernement multiplie les annonces sur la lutte contre les inégalités de genre, il échoue à publier un simple décret d’application pour une mesure déjà votée et financée. Un paradoxe qui soulève une question fondamentale : combien de temps encore les femmes concernées devront-elles patienter pour bénéficier d’un droit pourtant inscrit dans la loi depuis deux ans ?

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