Trois Technologies Pour Percer Un Mystère De 4 500 Ans
Pour sonder la façade orientale sans l’abîmer, les chercheurs ont combiné trois approches complémentaires et non invasives : tomographie électrique, radar géologique et imagerie par ultrasons. Ensemble, ces méthodes observent la matière en profondeur et révèlent les contrastes internes invisibles. Elles identifient les zones de densité variable et repèrent les anomalies structurelles. Grâce à cette synergie technique, deux cavités remplies d’air ont été repérées derrière les blocs de granit.
La première, située à 1,4 mètre sous la surface, mesure environ 1,5 mètre de large pour 1 mètre de haut. La seconde, plus petite, se trouve à 1,13 mètre de profondeur, avec des dimensions avoisinant 0,9 par 0,7 mètre. Les données ont été croisées via un procédé d’Image Fusion, une technique de superposition numérique qui renforce la fiabilité des résultats en comparant les signaux issus des trois outils.
Selon le professeur Christian Grosse, spécialiste des tests non destructifs à l’Université technique de Munich, cette approche permet « d’obtenir une lecture d’une précision inédite sur l’intérieur de la pyramide sans altérer sa structure ». Ces résultats, publiés en 2025 dans la revue NDT & E International, marquent une avancée majeure dans l’étude du monument. La zone polie à l’est n’est désormais plus seulement un élément décoratif : elle pourrait bien dissimuler un accès pensé par les bâtisseurs eux-mêmes. La configuration de ces cavités suggère un aménagement délibéré, ouvrant la voie à une hypothèse audacieuse.

Deux Cavités Remplies D’Air : Vers La Découverte D’Un Passage Secret
Cette hypothèse audacieuse prend corps à mesure que les données convergent. La configuration des deux cavités ne relève pas du hasard : leur alignement et leurs dimensions évoquent un espace aménagé volontairement plutôt qu’une simple irrégularité de construction. Les bâtisseurs de l’Ancien Empire maîtrisaient parfaitement l’art de dissimuler les accès stratégiques, et Mykérinos ne fait probablement pas exception.
Un détail architectural renforce cette piste. Le bloc trapézoïdal qui recouvre l’une des anomalies présente une résistivité électrique bien supérieure au reste de la façade. Cette propriété physique distincte suggère un choix délibéré : protéger l’entrée tout en la rendant invisible. Une telle disposition rappelle les techniques de camouflage déjà observées dans d’autres monuments funéraires égyptiens.
Le parallèle avec Khéops s’impose naturellement. En 2023, la même équipe du projet ScanPyramids avait révélé l’existence d’un corridor caché dans la grande pyramide, confirmant que les anciens Égyptiens concevaient des points d’accès multiples sur des faces jusqu’ici ignorées. Cette découverte bouleverse la lecture traditionnelle des pyramides comme structures à entrée unique.
La zone polie de granit n’est donc pas qu’un vestige esthétique. Elle pourrait bien abriter une structure interne demeurée invisible pendant plus de quatre millénaires, un passage secret pensé pour défier le temps et les regards. Reste désormais à déterminer l’extension réelle de ces cavités et ce qu’elles dissimulent véritablement.

