Un décret publié au Journal officiel le 8 mai 2026 modifie les règles du départ anticipé pour carrière longue, avec une entrée en vigueur fixée au 1er septembre 2026. Les assurés nés entre 1964 et 1970 sont directement concernés : selon leur année de naissance et leur âge de début d’activité, ils peuvent partir plusieurs mois plus tôt que prévu. Mais les conditions varient d’une génération à l’autre, et le choix de la date de départ peut tout changer.
En bref
- —Départ anticipé possible dès 60 ans et 6 mois pour les nés en 1964
- —Les nouvelles règles s’appliquent aux retraites à partir du 1er septembre 2026
- —Cumul emploi-retraite : nouvelles contraintes dès janvier 2027
Un décret du 8 mai 2026 adapte le dispositif carrière longue après la suspension de la réforme de 2023
Le dispositif de départ anticipé pour carrière longue repose sur un principe simple : avoir commencé à travailler jeune et justifier d’une durée de cotisation suffisante. La condition d’entrée reste inchangée — il faut avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l’année civile de ses 16, 18, 20 ou 21 ans selon le cas, ou 4 trimestres si l’on est né au dernier trimestre de l’année.

Ce que le décret du 8 mai 2026 modifie, c’est le calendrier applicable aux générations nées entre 1964 et 1970. Le texte, publié au Journal officiel, adapte le dispositif à la suspension de la réforme des retraites de 2023. Il ne bouleverse pas l’architecture du système, mais corrige une partie des âges de départ et des durées de cotisation exigées pour ces générations spécifiques.
Pour certains assurés, cela se traduit par un départ avancé de quelques mois. Pour d’autres, l’ajustement porte davantage sur le nombre de trimestres requis ou sur la date de prise d’effet de la pension. Le changement n’est donc pas uniforme : tout dépend de la date de naissance exacte et de l’historique de cotisation.
La réforme des retraites de 2023 suspendue
La réforme des retraites adoptée en 2023 avait notamment repoussé l’âge légal de départ de 62 à 64 ans et allongé les durées de cotisation. Sa suspension partielle a conduit le gouvernement à adapter plusieurs dispositifs, dont celui du départ anticipé pour carrière longue, via le décret du 8 mai 2026. C’est dans ce cadre que les règles applicables aux générations 1964-1970 ont été révisées.
De 60 ans et 6 mois à 61 ans et 9 mois : les nouveaux âges de départ selon la génération
Pour les assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans, les nouveaux âges de départ anticipé varient selon l’année de naissance. La génération 1964 peut partir à 60 ans et 6 mois, avec 170 trimestres requis. Pour les personnes nées entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, l’âge est fixé à 60 ans et 9 mois avec 170 trimestres. Celles nées entre le 1er avril et le 30 novembre 1965 restent à 60 ans et 9 mois, mais avec 171 trimestres. Les natifs de décembre 1965 peuvent partir à 60 ans et 8 mois, avec 171 trimestres.

Pour les générations suivantes, le gain se lit surtout sur l’âge minimal. Les assurés nés en 1966 peuvent partir à 60 ans et 9 mois au lieu de 61 ans, avec 172 trimestres. Ceux nés en 1967 peuvent partir à 61 ans au lieu de 61 ans et 3 mois. Pour 1968, l’âge passe à 61 ans et 3 mois au lieu de 61 ans et 6 mois. Pour 1969, il passe à 61 ans et 6 mois au lieu de 61 ans et 9 mois. Et pour 1970, il est fixé à 61 ans et 9 mois au lieu de 62 ans.
Ces chiffres montrent que le gain varie d’une génération à l’autre, mais reste dans tous les cas de l’ordre de quelques mois. Il serait inexact de résumer la réforme à une règle unique : chaque assuré doit vérifier sa situation précise en fonction de sa date de naissance, de son âge de début d’activité et de son nombre de trimestres cotisés.
Septembre 2026, date charnière : un mois d’écart peut modifier l’âge de départ applicable
Le point le plus concret pour les assurés proches de la retraite, c’est la date de prise d’effet de la pension. Les nouvelles règles s’appliquent uniquement aux retraites prenant effet à partir du 1er septembre 2026. Un départ fixé avant cette date reste soumis aux anciennes règles. À l’inverse, un départ programmé à partir de septembre peut permettre, dans certains cas, de bénéficier du calendrier assoupli.

Cet arbitrage devient décisif pour les assurés à quelques semaines près. Si le relevé de carrière montre que la durée de cotisation exigée est déjà atteinte, il peut être utile de comparer deux scénarios : un départ avant septembre 2026 et un départ après. Un simple décalage de date peut modifier l’âge minimal applicable.
Autre élément à ne pas négliger : l’Assurance retraite indique que jusqu’à deux trimestres liés à la maternité, à l’éducation ou à l’adoption pourront être pris en compte pour faciliter l’accès au départ anticipé carrière longue. Cette mesure cible les assurés à qui il manque peu de trimestres pour atteindre la durée exigée. Avant toute décision, il reste indispensable de vérifier son relevé de carrière et de demander une attestation de départ anticipé.
Cumul emploi-retraite : un plafond de 7 000 euros par an s’appliquera dès janvier 2027
Le calendrier de départ doit également être examiné à la lumière des règles de cumul emploi-retraite qui entreront en vigueur le 1er janvier 2027. Ces nouvelles règles concerneront uniquement les personnes dont la première retraite prend effet à compter de cette date. Les assurés déjà partis avant 2027 ne seront pas touchés.

Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul restera possible, mais les revenus professionnels et de remplacement ne devront pas dépasser 7 000 euros par an pour conserver l’intégralité des pensions. Au-delà de ce seuil, la pension sera réduite de 50 % de la part excédentaire. À partir de 67 ans, le cumul intégral restera possible sans restriction.
Pour les assurés en carrière longue qui envisagent de reprendre une activité après leur départ, cette bascule de 2027 peut peser dans le choix de la date. Partir fin 2026 ou début 2027 ne produit pas les mêmes effets si l’on compte retravailler. Avant de déposer son dossier, il est recommandé de simuler plusieurs dates, de vérifier ses trimestres validés avant 20 ans, de contrôler sa durée totale cotisée et de demander confirmation à sa caisse de retraite.
Les assurés nés entre 1964 et 1970 qui souhaitent bénéficier des nouvelles règles doivent s’assurer que leur départ prend effet à partir du 1er septembre 2026. La prochaine échéance à surveiller est celle du 1er janvier 2027, date à laquelle les nouvelles contraintes sur le cumul emploi-retraite entreront en application. Pour les assurés qui envisagent de reprendre une activité après leur départ, la question de savoir si les trimestres liés aux enfants peuvent être mobilisés reste à vérifier auprès de leur caisse de retraite, au cas par cas.


