📌 Sonia Mabrouk : « La France ne donne pas envie » — le cri d’alarme d’une journaliste franco-tunisienne sur l’effacement des valeurs républicaines
Posted 17 février 2026 by: Admin

Le Départ Fracassant de Sonia Mabrouk de CNews : Quand les Valeurs Priment sur la Carrière
Dans le paysage médiatique français, rares sont les journalistes prêts à sacrifier leur position pour défendre leurs principes. Sonia Mabrouk en fait partie. La journaliste franco-tunisienne a récemment annoncé son départ de CNews, décision directement liée au maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, pourtant condamné pour corruption de mineur. Un choix net, sans ambiguïté : elle ne pouvait plus exercer dans un environnement où ses valeurs professionnelles et personnelles se trouvaient compromises.
Ce geste dit long sur la femme. À 49 ans, Sonia Mabrouk a construit sa crédibilité sur une ligne éditoriale assumée, jamais démentie, quitte à bousculer les consensus. Celle qui n’a pas hésité à voler au secours de Philippe de Villiers face à Jean-Michel Apatie incarne une certaine idée du journalisme : celle où la conviction précède la convenance.
Son départ de CNews n’est donc pas un simple mouvement de carrière. C’est un acte fondateur qui éclaire d’un jour particulier les déclarations qu’elle formulera peu après — des propos tranchés, parfois crus, sur l’état de la France, ses frontières et son rapport à lui-même. Pour comprendre la portée de ses mots, il faut d’abord saisir qui les prononce : une voix qui a prouvé, par ses actes, qu’elle ne parle pas pour séduire, mais pour dire.

« Nos Frontières N’existent Plus » : l’Alerte Sans Concession sur l’Immigration et la Sécurité
C’est dans cet état d’esprit — celui d’une femme qui assume pleinement ses convictions — que Sonia Mabrouk s’est confiée à Eric Morillot dans l’émission Les Incorrectibles. Un entretien fleuve où la journaliste aborde sans détour ses racines tunisiennes, sa relation à l’islam, mais surtout sa lecture de la situation sécuritaire en France.
Son diagnostic est sombre et sans ambages. « On vit aujourd’hui une inversion totale de la doctrine et du paradigme », pose-t-elle d’emblée. Elle distingue ensuite deux niveaux de menace : celui de l’acte terroriste — « celui qui égorge, tue, prend le couteau, la kalachnikov » — et celui, plus structurel, d’un appareil de renseignement et de contrôle des frontières qu’elle juge défaillant.
C’est sur ce second point que Sonia Mabrouk appuie le plus fort. « Nos frontières n’existent plus aujourd’hui. Schengen ne fonctionne plus. » Pour elle, la réponse ne peut être que politique : « un travail de refondation totale ». Ni demi-mesure, ni compromis.
Ce discours, tenu par une femme franco-tunisienne et musulmane, prend une résonance particulière. Il ne s’agit pas d’une posture idéologique extérieure, mais d’un constat formulé de l’intérieur — ce qui confère à ses mots une autorité morale que ses détracteurs peinent à contester. Et cette autorité, elle va bientôt l’exercer sur un terrain encore plus sensible : celui de l’identité française elle-même.

« La France Fait Pitié » : un Réquisitoire Lucide Contre un Pays qui Ne S’aime Plus
Sur ce terrain identitaire, Sonia Mabrouk n’y va pas par quatre chemins. Si les frontières physiques sont en état de délabrement, c’est la frontière intérieure — celle de l’adhésion nationale — qui l’inquiète davantage.
Elle pointe d’abord une défaillance du débat public : le politique serait le seul capable d’agir, mais la « bataille des idées », elle, « n’est pas menée ». Résultat : un vide que personne ne comble, et une France qui perd jusqu’à l’envie de se défendre elle-même.
C’est là qu’intervient son diagnostic le plus tranchant. « Je trouve que la France fait pitié aujourd’hui, qu’elle ne donne pas envie. » Des mots qui frappent d’autant plus qu’ils viennent d’une femme venue d’ailleurs, qui a précisément choisi cette France comme sienne. Pour elle, le problème est existentiel : « Comment voulez-vous adhérer à un pays qui ne s’aime pas. Un pays qui se regarde dans un miroir chaque matin, qui se trouve haïssable. »
La métaphore du miroir est saisissante. Ce n’est plus une critique politique classique — c’est un constat de dépossession de soi. Sonia Mabrouk ne parle pas au nom des étrangers, mais au nom de ceux qui ont voulu s’assimiler et qui se heurtent à un pays incapable de leur tendre la main avec fierté.
Une conviction que la journaliste n’exprime pas pour la première fois — et qui s’inscrit dans une réflexion bien plus ancienne sur l’assimilation.

« L’Antiracisme, C’est L’Assimilation » : une Conviction Portée de Longue Date
Ce diagnostic sur un pays incapable de s’aimer n’est pas une saillie récente. Dès 2024, dans une interview accordée au JDD, Sonia Mabrouk développait déjà cette pensée avec la même précision chirurgicale.
Sa thèse centrale : le véritable antiracisme n’est pas la différenciation, mais l’assimilation. « Car on considère que l’autre peut avoir les mêmes songes et partager les mêmes gloires », expliquait-elle alors. Une définition à contre-courant, qui refuse le communautarisme comme horizon politique.
Face à ce modèle, elle dresse un constat d’échec : « Avant, la France faisait envie et en appelait à l’unité. Aujourd’hui, elle fait pitié tout en vantant l’éloge des communautés. » Le glissement est clair — d’une République fédératrice à une mosaïque de replis identitaires.
Mais c’est sa dernière observation qui révèle toute la complexité du sujet. Il existerait un désir d’assimilation « inassouvi, caché, et parfois même honteux », parce que « on risque un procès en trahison si on marque trop son attachement à la France quand on vient d’ailleurs ». Un paradoxe cruel : ceux qui veulent le plus s’intégrer seraient aujourd’hui contraints de le taire.
Ces prises de position cohérentes, portées sur plusieurs années et dans des contextes différents, dessinent le portrait d’une journaliste dont les convictions ne s’adaptent ni aux plateaux ni aux courants dominants.










