📌 Stella, 67 ans, n’a pas voulu partir à cause de son chien : elle périt dans l’incendie de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse

Posted 7 août 2025 by: Admin
Le Drame Humain Derrière La Catastrophe
Derrière les chiffres de cette tragédie se cache le visage de Stella, 67 ans, ancienne infirmière de l’hôpital de Lézignan-les-Corbières. Cette habitante du quartier des Moutagnols à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse est devenue, mercredi matin, la première victime mortelle de l’incendie qui ravage les Corbières depuis mardi.
Trois fois, les pompiers ont tenté de la convaincre. Trois fois, ils sont revenus frapper à sa porte pour l’emmener au foyer communal. Mais Stella a catégoriquement refusé de quitter sa maison. « Elle n’a pas voulu partir parce qu’elle avait son chien », témoigne Jean-Loïc Villa, son voisin de 75 ans, dont la propre demeure de 170 m² n’est plus qu’un amas de cendres.
L’ancienne soignante, décrite comme « très gentille » par ceux qui la connaissaient, avait pourtant conscience du danger. Face aux sollicitations répétées des secours, elle répondait invariablement : « Non, non, je m’enfuirai s’il le faut. » Un optimisme tragique qui lui a coûté la vie.
Son corps sans vie a été découvert mercredi matin dans les décombres de son habitation. « Malheureusement, une personne qui n’a pas voulu suivre mes directives est décédée », déplore le maire Xavier De Volontat, visiblement ébranlé. Cette fidélité absolue à son animal de compagnie révèle l’ampleur du déchirement vécu par les habitants face à l’évacuation forcée, transformant un geste de protection en sentence fatale.
L’Ampleur Historique De L’Incendie Des Corbières
Cette « énorme tristesse » évoquée par Xavier De Volontat n’est que la pointe visible d’une catastrophe écologique sans précédent. L’incendie qui a coûté la vie à Stella constitue le plus grand brasier du siècle en France, ayant déjà dévoré plus de 16 000 hectares depuis son déclenchement mardi 5 août.
Le feu a pris naissance à Ribaute avant de franchir les 14 kilomètres par la route – seulement trois fois moins à vol d’oiseau – pour atteindre Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse en fin d’après-midi. Cette progression fulgurante illustre la violence des éléments face auxquels les secours luttent dans des conditions extrêmes.
Le bilan humain s’alourdit : treize personnes ont été blessées, parmi lesquelles onze pompiers mobilisés sans relâche pour contenir les flammes. Ces chiffres témoignent de l’engagement héroïque des soldats du feu, qui risquent leur vie pour protéger les populations et limiter les dégâts environnementaux.
« C’est une catastrophe écologique », résume le maire, « Je suis dévasté. » Au-delà des statistiques, cette tragédie redessine définitivement le paysage des Corbières, transformant des milliers d’hectares de végétation méditerranéenne en terres calcinées. Le quartier des Moutagnols symbolise désormais cette dévastation, où certaines vies ont basculé en quelques heures.
Témoignages Des Sinistrés Et Dévastation Du Quartier
Dans ce quartier des Moutagnols transformé en champ de ruines, Jean-Loïc Villa, 75 ans, contemple les vestiges calcinés de sa vie d’ancien viticulteur. Sa maison de 170 mètres carrés n’existe plus. Pourtant, ce voisin de Stella garde intact le souvenir de celle qui n’a pas eu sa chance : « Elle était très gentille, c’était une ancienne infirmière de l’hôpital de Lézignan-les-Corbières ».
Le récit qu’il livre révèle l’obstination fatale de Stella face aux consignes d’évacuation. « Trois fois les pompiers y sont allés pour essayer de la faire venir au foyer pour passer la nuit, mais elle n’a pas voulu partir parce qu’elle avait son chien », raconte-t-il avec émotion. « Elle disait : ‘non, non, je m’enfuirai s’il le faut’. Et c’est elle qui est morte, dans sa maison… C’est terrible. »
Jean-Loïc Villa avait, lui, « la sagesse d’écouter les pompiers ». Présent chez lui mardi en fin d’après-midi quand les flammes ont déferlé depuis Ribaute, il a pu être hébergé à Narbonne chez sa famille avec sa femme. Ce mercredi matin, il est revenu constater l’ampleur des dégâts, portant un regard déchirant sur deux destins que quelques heures ont séparés entre survie et tragédie.
Leçons D’Une Tragédie Évitable
Cette différence tragique de destin révèle l’enjeu vital de l’obéissance aux consignes d’évacuation. Pour le maire Xavier De Volontat, la mort de Stella représente l’échec douloureux de son autorité de protection civile. « Malheureusement, une personne qui n’a pas voulu suivre mes directives est décédée », confie-t-il avec amertume. Cette déclaration résonne comme un aveu d’impuissance face à la liberté individuelle qui peut conduire au drame.
L’émotion du premier magistrat témoigne du poids psychologique que porte la communauté locale. « C’est une énorme tristesse ajoutée à la catastrophe écologique. Je suis dévasté », exprime-t-il à *Midi Libre*, révélant combien cette perte humaine amplifie la souffrance collective déjà immense face aux 16 000 hectares ravagés.
Le contraste saisissant entre Jean-Loïc Villa, qui a survécu en écoutant les secours, et Stella, victime de son attachement fatal à son animal, illustre cruellement les conséquences irréversibles d’une décision personnelle. Cette tragédie pose une question déchirante : comment concilier respect de la liberté individuelle et impératif de sauvetage quand chaque minute compte face aux flammes ? Une interrogation qui hantera longtemps Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, marqué à jamais par cette catastrophe historique.