
13 000 Foyers Fortunés Sans Impôt sur le Revenu : les Chiffres Officiels qui Font Trembler Bercy
C’est un document qui dérange. Une note d’analyse sénatoriale, consultée par l’AFP et confirmant une information du Monde, révèle que plus de 13 000 foyers assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) affichent un impôt sur le revenu nul ou négatif. Des données issues directement des fichiers fiscaux 2024 transmis par le gouvernement lui-même.
Le chiffre est précis, et il frappe : « Environ 10 % des redevables de l’IFI affichent un impôt sur le revenu nul ou négatif », indique la note sénatoriale. En d’autres termes, un contribuable soumis à l’IFI sur dix — soit des foyers détenant un patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d’euros — échappe légalement à tout prélèvement sur ses revenus.
Ce que rend particulièrement saisissant cette révélation, c’est sa source : non pas une association militante ou un think tank partisan, mais une analyse des données officiellement transmises par le gouvernement au Sénat. La force probante du document est difficilement contestable.
Ces chiffres ne surgissent pas dans un vacuum politique. Ils s’inscrivent dans une controverse ouverte en janvier, lorsqu’un haut responsable avait publiquement affirmé que des milliers de Français aisés ne s’acquittaient d’aucun impôt sur le revenu — une déclaration aussitôt balayée d’un revers de main par l’exécutif. La note sénatoriale vient aujourd’hui rouvrir ce dossier avec une brutalité documentaire que les démentis officiels peineront à absorber.

Lombard Avait Raison, Bercy Avait Tort : le Démenti qui s’Effondre
Ce « haut responsable » évoqué à demi-mot, c’est Éric Lombard. En janvier, l’ancien ministre de l’Économie avait déclaré publiquement que des milliers de Français aisés ne payaient pas l’impôt sur le revenu. La réplique de l’exécutif avait été immédiate et sans nuance.
Le 14 janvier, interrogée à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin avait tranché : « Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait. » Un démenti catégorique, formulé depuis la tribune même de la démocratie française.
La note sénatoriale le contredit point par point. Basée sur les données fiscales 2024 — transmises par le gouvernement lui-même — elle conclut sans ambiguïté : « Ces éléments confirment les déclarations de l’ancien ministre Éric Lombard. » L’ironie est cinglante : les documents censés ne pas exister existaient bel et bien dans les fichiers de Bercy.
La contradiction est frontale. D’un côté, une ministre niant l’existence de preuves depuis le banc du gouvernement. De l’autre, ces mêmes preuves, extraites des données officielles et analysées par des sénateurs. Ce n’est pas simplement un désaccord politique : c’est une question de vérité documentée face à une parole d’État.
Et les chiffres, eux, ne s’arrêtent pas à ce premier niveau de révélation.



