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24 août 2026
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13 000 foyers soumis à l’IFI ne paient aucun impôt sur le revenu : Bercy confirme les chiffres

Le 14 janvier, interrogée à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin avait tranché : « Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait. » Un démenti catégorique, formulé depuis la tribune même de la démocratie française.

La note sénatoriale le contredit point par point. Basée sur les données fiscales 2024 — transmises par le gouvernement lui-même — elle conclut sans ambiguïté : « Ces éléments confirment les déclarations de l’ancien ministre Éric Lombard. » L’ironie est cinglante : les documents censés ne pas exister existaient bel et bien dans les fichiers de Bercy.

La contradiction est frontale. D’un côté, une ministre niant l’existence de preuves depuis le banc du gouvernement. De l’autre, ces mêmes preuves, extraites des données officielles et analysées par des sénateurs. Ce n’est pas simplement un désaccord politique : c’est une question de vérité documentée face à une parole d’État.

Et les chiffres, eux, ne s’arrêtent pas à ce premier niveau de révélation.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Plus on est Riche, Moins on Paie : la Mécanique Implacable des Données Fiscales

Et ces chiffres dessinent une courbe aussi nette qu’accablante : plus le patrimoine immobilier s’élève, plus la probabilité d’échapper à l’impôt sur le revenu augmente.

Parmi les 0,1 % des foyers disposant des patrimoines immobiliers les plus importants, 10,2 % n’acquittent aucun impôt sur le revenu — soit près de 2 500 foyers. Déjà significatif. Mais c’est en remontant encore l’échelle de fortune que le phénomène atteint son paroxysme.

Au sommet de la pyramide, les 0,01 % les plus riches — environ 300 foyers affichant un patrimoine moyen de 14 millions d’euros — présentent un taux d’exonération de facto de 14,9 %. Autrement dit : près d’un foyer sur sept, dans cette strate d’ultra-richesse immobilière, ne verse pas un euro d’IR.

La tendance se confirme même après correction des biais statistiques. En retirant des calculs les retraités, les non-résidents et les personnes décédées en cours d’année, les proportions s’atténuent légèrement — 6,3 % pour les 0,1 % les plus riches, 7,6 % pour les 0,01 % — sans jamais contredire la dynamique de fond : l’exonération croît avec la fortune.

Cette progression n’est pas une anomalie statistique. Elle révèle une logique fiscale structurelle, dont les mécanismes précis restent pourtant largement dans l’ombre — une opacité que les pouvoirs publics semblent peu pressés de dissiper.

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