Pour ne pas placer son père de 83 ans en maison de retraite, Patrick Chastenet, originaire du sud-ouest de la France, a fait construire un studio en bois de 15 m² dans son jardin. Un investissement de 37 000 euros qui lui permet d’héberger son père à cinq mètres de sa maison, tout en préservant son indépendance. L’histoire, révélée par Le Démotivateur, illustre une tendance croissante chez les familles françaises confrontées au coût des établissements spécialisés.
En bref
- —Studio en bois de 15 m² installé dans le jardin familial
- —37 000 € investis, contre 2 000 €/mois en établissement
- —Conçu pour un fauteuil roulant, à 5 mètres de la maison principale
Un père de 83 ans qui refusait catégoriquement la maison de retraite
La question s’est posée lorsque la santé du père de Patrick Chastenet a commencé à décliner. Âgé de 83 ans, il ne pouvait plus vivre seul, mais refusait toute solution institutionnelle.

«Il ne voulait pas repartir dans une maison de retraite ni dans un appartement. La maison ne se prêtait pas à avoir autant de monde, il fallait trouver une alternative», a expliqué Marie-Laure Chastenet, l’épouse de Patrick, au Démotivateur.
Avant ce projet, le père vivait à plusieurs centaines de kilomètres de son fils. La distance rendait toute surveillance régulière impossible, rendant une décision urgente nécessaire.
Un chalet de 15 m² conçu sur mesure pour un fauteuil roulant
Le studio installé dans le jardin mesure 15 mètres carrés. Il comprend un salon, une petite cuisine fonctionnelle et une salle de bain équipée pour les personnes à mobilité réduite. Les espaces ont été pensés pour permettre la circulation d’un fauteuil roulant.

La structure en bois est placée à quelques mètres seulement de la maison principale. «Il est à la fois chez lui et chez nous. Il a son indépendance, mais s’il y a un problème, il n’y a que cinq mètres à faire pour aller le voir», confie Patrick Chastenet.
Cet équilibre entre autonomie et proximité répond directement à la crainte de la solitude souvent exprimée par les personnes âgées qui refusent l’hébergement en établissement.
Le coût des maisons de retraite, un problème national
En France, le reste à charge mensuel dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) dépasse souvent 2 000 euros après déduction des aides. Face à ce coût, de plus en plus de familles explorent des solutions alternatives comme les logements adaptés à domicile ou les studios de jardin. La question du financement de la dépendance reste un chantier législatif non abouti.
37 000 € d’investissement face à 2 000 € par mois en établissement
Le coût total de la construction du studio s’élève à 37 000 euros. En comparaison, selon les estimations du couple, un hébergement en maison de retraite leur aurait coûté environ 2 000 euros par mois, soit 24 000 euros par an.

Sur une durée de deux ans, le studio devient donc moins onéreux qu’un placement en établissement spécialisé. Au-delà de l’aspect financier, la solution préserve la dignité et l’indépendance du père, deux éléments que les familles citent fréquemment comme prioritaires face aux structures d’hébergement classiques.
Ce type de logement adapté pour seniors connaît un essor en France, porté par des familles qui cherchent des alternatives concrètes à un système d’hébergement jugé trop coûteux ou trop impersonnel.
Repas partagés, petits-enfants, sentiment d’utilité : une vie de famille retrouvée
Au-delà de l’aspect pratique, c’est le lien familial qui ressort comme le bénéfice principal de cette installation. «On se retrouve plus souvent, il partage les repas, et il se sent utile», confie Marie-Laure Chastenet.

Le père de Patrick peut désormais voir grandir ses petits-enfants et conserver sa liberté au quotidien, deux éléments qu’un placement en établissement n’aurait pas permis de la même façon.
Ces studios de jardin, souvent modulables et décrits comme éco-responsables, répondent à une demande croissante de familles françaises qui souhaitent garder leurs aînés proches sans sacrifier l’espace ni l’autonomie de chacun.
L’histoire de la famille Chastenet devrait alimenter les débats sur les alternatives à l’hébergement institutionnel, alors que la réforme du financement de la dépendance reste en suspens au niveau national. La question de l’encadrement juridique et urbanistique de ces studios de jardin — permis de construire, raccordements, droits des locataires — se posera pour les familles qui souhaiteront reproduire ce modèle. Reste à savoir si les pouvoirs publics accompagneront cette tendance par des dispositifs d’aide à l’investissement ou des simplifications administratives.


