📌 4,3 millions d’euros détournés au Parlement : Ces versements à des proches de Marine Le Pen qui relancent le débat

Posted 4 juillet 2025 by: Admin
Scandale Financier Au Parlement Européen : Le RN Dans La Tourmente
À peine le Rassemblement national croit-il tourner la page du procès des assistants parlementaires que l’orage gronde déjà de nouveau à Bruxelles. Cette fois, c’est un rapport confidentiel de la direction des affaires financières du Parlement européen, révélé par plusieurs médias dont Le Monde, qui jette le trouble : plus de 4,3 millions d’euros auraient été « indûment dépensés » entre 2019 et 2024 par le parti de Marine Le Pen et ses alliés du groupe Identité et Démocratie. Un chiffre qui frappe par son ampleur et qui met en lumière des mécanismes financiers pour le moins opaques.
Au cœur de ces soupçons, deux sociétés françaises émergent avec insistance : e-Politic et Unanime, toutes deux liées à des proches de la présidente du RN. L’agence de communication e-Politic, pilotée par Frédéric Chatillon, ancien conseiller de Marine Le Pen, et son épouse Sighild Blanc, a ainsi perçu à elle seule 1,7 million d’euros. Le rapport pointe un appel d’offres « purement formel », truffé de « graves problèmes de conformité », selon les inspecteurs européens. « Toutes ces dépenses […] sont irrégulières », tranche le document, qui met l’accent sur la proximité entre les bénéficiaires et la direction du RN.
Même constat pour l’entreprise Unanime, qui a empoché plus de 1,4 million d’euros pour des prestations d’impression. Là encore, les inspecteurs relèvent une sous-traitance à moindre coût et une marge particulièrement élevée, laissant planer le doute sur la régularité de ces transactions. Le lien entre ces sociétés et le cercle rapproché de Marine Le Pen renforce l’impression d’un système bien rodé, où les frontières entre intérêts privés et argent public semblent s’effacer.
Ce nouveau scandale n’est pas sans rappeler les révélations passées qui ont déjà mis le RN sur la sellette à Strasbourg et Bruxelles. Mais ce qui frappe ici, c’est la précision des chiffres et l’étendue des bénéficiaires. En filigrane, une question s’impose : comment un tel système a-t-il pu prospérer aussi longtemps sous le regard des institutions européennes ? L’affaire prend une dimension d’autant plus sensible qu’elle ravive les tensions déjà vives entre le parti à la flamme et les instances bruxelloises, sur fond de défiance et de rivalités politiques exacerbées.
Des Méthodes Récurrentes : Entre Surfacturations Et Réseaux De Connivence
Dans le sillage de ces révélations, un constat s’impose : les pratiques dénoncées aujourd’hui rappellent étrangement des méthodes déjà éprouvées par le passé. L’affaire des « kits de campagne » de 2012 plane comme une ombre sur le dossier, tant les similitudes sont frappantes. À l’époque, Frédéric Chatillon, figure centrale du dispositif de communication du RN, avait déjà été condamné pour escroquerie et abus de biens sociaux, aux côtés de plusieurs proches de l’ex-Front national. Le schéma ? Des sociétés satellites, des prestations surfacturées et une mécanique huilée pour capter des fonds publics à la marge.
Le rapport du Parlement européen l’atteste : la société Unanime, liée à ce même cercle d’influence, aurait perçu plus de 1,4 million d’euros pour des travaux d’impression. Mais derrière cette enveloppe, les inspecteurs pointent une réalité moins reluisante : une sous-traitance à bas coût, pour une marge « indue » évaluée à 260.000 euros. Une somme qui n’a rien d’anodin et qui interroge sur la transparence des circuits financiers internes. Ce mode opératoire, où des sociétés proches du parti facturent largement au-dessus du marché, semble s’inscrire dans une logique répétée, voire assumée.
Frédéric Chatillon, bien que désormais installé à Rome et officiellement coupé de toute relation commerciale avec le RN, reste inévitablement associé à ces pratiques. Son nom revient, encore et toujours, dans les rapports et les articles : « Les méthodes n’ont pas changé d’un iota », note un observateur proche du dossier, faisant écho à la persistance des réseaux de connivence. La proximité entre les bénéficiaires et les décideurs alimente le soupçon d’un système où l’intérêt général cède la place à la fidélité de clan.
Cette répétition des schémas interroge. Comment expliquer que, malgré les condamnations passées et les mises en garde, certaines habitudes perdurent ? Le temps semble glisser sur les structures du parti, où les liens personnels pèsent parfois plus lourd que les règles de bonne gestion. À mesure que l’enquête avance, d’autres ramifications apparaissent, révélant l’ampleur d’un écosystème dont les ramifications dépassent le simple cadre financier.