Dans la foulée, les militants demandent au gouvernement de reprendre une proposition de loi transpartisane, déjà signée par 149 députés, qui créerait un droit pour les locataires d’exiger des protections solaires extérieures et des brasseurs d’air dans leur logement loué.
La précarité énergétique d’été, un angle longtemps ignoré
Pendant des années, la précarité énergétique a surtout été traitée sous l’angle du chauffage en hiver. La multiplication des canicules remet en lumière son pendant estival : des logements qui accumulent la chaleur faute de protections solaires adaptées. L’été 2003, avec ses 15 000 morts, reste la référence tragique qui structure ce débat en France.
43 % des logements sans protection solaire suffisante, selon une étude sur 9 millions de DPE
Les chiffres documentent une réalité qui s’aggrave. Selon le médiateur national de l’énergie, 49 % des Français ont souffert de la chaleur chez eux en 2025, contre 42 % en 2024. Le baromètre Qualitel 2025 va plus loin : 66 % des personnes interrogées déclarent mal supporter la chaleur à domicile, alors que les dernières canicules ont maintenu les températures nocturnes au-dessus de 25 °C dans de nombreuses villes.

Une étude du bureau Pouget Consultants et du groupement Ignes, menée sur près de 9 millions de DPE, révèle que 43 % des logements français sont insuffisamment équipés en volets ou stores extérieurs. La proportion monte à 50 % pour les maisons individuelles.
L’expert Simon Blin résume l’ampleur du problème thermique : «deux mètres carrés de vitrage, c’est l’équivalent d’1 kW de chauffage allumé en permanence dans le logement». Une formule qui éclaire concrètement pourquoi certains appartements deviennent rapidement invivables dès que les températures grimpent.
Suspension du loyer : la loi actuelle ne prévoit aucun droit automatique pour le locataire
Sur le plan juridique, les revendications se heurtent à un mur. Selon le site service-public.gouv.fr, «le loyer et les charges sont à payer pendant toute la durée du bail», et seul un juge peut décider de bloquer temporairement le versement du loyer hors charges. Aucune disposition n’autorise aujourd’hui un locataire à cesser de payer au motif que son logement est trop chaud.

Même la démarche de poser soi-même des volets se révèle semée d’obstacles. Les règlements de copropriété, les demandes d’autorisation préalables, et l’avis des Architectes des Bâtiments de France — qui concerne près d’un logement sur trois selon Alexis Damia — bloquent souvent toute initiative individuelle.
Articles suggérés
Retraites: ce que les pistes d’Édouard Philippe coûteraient concrètement
Candidat officiel à l'élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe a placé l'équilibre du système de retraites au cœur de son programme, qu'il qualifie de…

