Un appel à témoins a été lancé auprès de la population. La police a simultanément appelé à la sérénité, reconnaissant l’inquiétude légitime du public, tout en demandant aux citoyens de laisser les enquêteurs travailler à l’établissement des faits.
Un pays sous état d’urgence, en proie à une crise sécuritaire profonde
Cette découverte survient dans un pays qui vit sous état d’urgence depuis juillet 2025, une mesure décidée en raison de la violence endémique. C’est la quatrième fois depuis 2021 que les autorités ont recours à cette disposition exceptionnelle. L’état d’urgence actuel, prolongé en mars 2026 pour trois mois supplémentaires, illustre la profondeur de la crise que traverse l’archipel.

Les statistiques sont saisissantes : Trinité-et-Tobago affichait en 2023 un taux d’homicide de 37 pour 100 000 habitants, ce qui en faisait la sixième nation la plus dangereuse au monde selon un rapport du département d’État américain publié en mars 2025. Ce taux a même atteint un pic de 45,7 pour 100 000 en 2024, avant de redescendre à 27 en 2025 — signe d’une amélioration fragile.
Au-delà des chiffres, l’archipel est considéré par les experts comme une plaque tournante du trafic de drogue dans les Caraïbes, du fait de sa position géographique à proximité du Venezuela et des routes commerciales transatlantiques. Ce contexte de criminalité organisée et d’institutions sous pression rend d’autant plus préoccupante la question des responsabilités dans cette affaire.
L’affaire du cimetière de Cumuto est loin d’être résolue. Si la piste de l’élimination illégale de corps non réclamés paraît la plus vraisemblable au regard des premiers indices, les enquêteurs doivent encore identifier chaque victime, reconstituer la chaîne de responsabilité et déterminer comment cinquante nourrissons ont pu finir abandonnés dans un cimetière sans que personne n’alerte les autorités. Pour un pays déjà éprouvé par des années de violence et de fragilité institutionnelle, cette découverte soulève des questions fondamentales sur la dignité due aux morts et sur la capacité de l’État à faire respecter la loi jusque dans ses morgues et ses cimetières.
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