Gabriel Attal, candidat à l’élection présidentielle de 2027, veut supprimer 100.000 postes de fonctionnaires en France par des départs volontaires, selon un article de 20 Minutes publié jeudi 2 juillet. La mesure, encore peu détaillée dans les éléments disponibles, place la question des effectifs publics et des économies budgétaires dans le début de campagne.
En bref
- —Attal vise 100.000 postes de fonctionnaires.
- —La mesure passerait par des départs volontaires.
- —Un précédent territorial évoquait 4,1 milliards d’euros.
100.000 postes visés dans la campagne de 2027
Selon 20 Minutes, Gabriel Attal veut supprimer 100.000 postes de fonctionnaires s’il porte son projet présidentiel jusqu’en 2027. La source précise le mécanisme annoncé, des départs volontaires, mais ne donne pas, dans les éléments disponibles, de ventilation par ministère, territoire ou catégorie d’agents.

Le chiffre donne une cible lisible à une promesse de maîtrise de la dépense publique. Il pose aussi une question immédiate : parle-t-on uniquement des fonctionnaires titulaires ou, plus largement, des agents publics ? Cette distinction est importante, car les règles d’emploi, de mobilité et de remplacement ne sont pas les mêmes.
La proposition arrive après l’entrée officielle de Gabriel Attal dans la course. Le Monde a rapporté que l’ancien premier ministre avait déclaré sa candidature le 22 mai 2026 à Mur-de-Barrez, dans l’Aveyron, en cherchant à installer une image moins parisienne et plus tournée vers les territoires.
Des départs volontaires, mais des modalités inconnues
La mention de départs volontaires change la nature politique de la proposition. Elle laisse entendre une réduction des effectifs sans licenciements directs, mais elle ne dit pas combien d’agents pourraient être concernés chaque année ni comment l’administration éviterait les départs dans des services déjà fragiles.

Concrètement, plusieurs leviers devraient être précisés pour évaluer la portée de la mesure : montant d’une éventuelle indemnisation, accompagnement vers le privé, passerelles internes, mobilité géographique ou accès à une formation. Sans ces éléments, le coût initial d’un plan de départs reste impossible à comparer aux économies espérées.
Autre inconnue : le lien avec les départs à la retraite. La proposition rapportée par 20 Minutes parle de volontariat, alors que les plans de réduction déjà débattus dans la fonction publique reposaient souvent sur le non-remplacement d’une partie des agents quittant naturellement leur poste.
Ce que recouvre la fonction publique
La fonction publique française regroupe l’État, les collectivités territoriales et les hôpitaux. Les débats publics utilisent souvent le mot « fonctionnaires » au sens large, alors que les statuts et les besoins de recrutement diffèrent fortement selon les métiers. Cette distinction sera centrale pour juger la faisabilité de la proposition.
La Cour des comptes avait chiffré 4,1 milliards d’euros
Le chiffre de 100.000 renvoie à un débat déjà documenté, même si la proposition d’Attal n’est pas identique. En octobre 2024, Le Monde rapportait qu’un rapport de la Cour des comptes, commandé par Gabriel Attal lorsqu’il était à Matignon, proposait de supprimer 100.000 postes dans les collectivités locales.

Dans ce rapport cité par Le Monde, les magistrats financiers écrivaient : « La trajectoire financière des collectivités dérape de plus en plus ». Leur scénario passait par un retour progressif des effectifs territoriaux à leur niveau du début des années 2010, pour une économie évaluée à 4,1 milliards d’euros par an à partir de 2030.
Le débat s’est prolongé en 2025. Le Monde indiquait alors, en s’appuyant sur l’Insee, que la fonction publique comptait 5,8 millions d’agents fin 2023, soit près de 62.000 de plus qu’un an plus tôt. Entre 2017 et 2022, les effectifs avaient augmenté de 178.000 agents.
Crèches et police municipale, arguments des élus locaux
Les débats précédents montrent où pourraient se concentrer les résistances. En octobre 2024, Le Monde rapportait que des élus locaux défendaient les 100.000 postes créés depuis 2010 dans la fonction publique territoriale. Leur argument principal : ces emplois correspondraient à des services demandés par les habitants.

Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux, avait résumé cette défense dans Le Monde : « Les 100 000 postes [qui ont été créés], ce n’est pas compliqué : c’est 80 000 agents dans les crèches et 20 000 policiers municipaux. » Cette réponse illustre la difficulté d’un objectif national appliqué à des métiers très concrets.
Pour Gabriel Attal, le risque politique tient donc au périmètre de sa mesure. Si elle vise tous les versants de la fonction publique, les réactions pourraient venir de l’État, des collectivités et de l’hôpital. Si elle cible seulement certains secteurs, il devra dire lesquels et justifier les services préservés.
Les prochaines étapes devront préciser le calendrier, le périmètre exact et le financement d’un éventuel plan de départs volontaires. Selon Le Monde, le premier tour de la présidentielle est prévu le 18 avril 2027 et le second le 2 mai 2027. D’ici là, syndicats, élus locaux et responsables budgétaires devraient demander un chiffrage complet, notamment sur l’indemnisation, les services protégés et les économies réellement attendues.


