Une enquête judiciaire a néanmoins été ouverte par le parquet de Vesoul et confiée à la division territoriale de la police judiciaire. Elle vise le député pour quatre infractions distinctes : conduite en état d’ivresse manifeste, refus de vérifications d’alcoolémie, refus de dépistage de stupéfiants, et vitesse excessive eu égard aux circonstances.
Les peines encourues sont significatives. La conduite sous l’emprise de l’alcool est passible en France de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende, auxquels s’ajoutent une suspension du permis de conduire et d’éventuelles peines complémentaires. La cumulation des chefs de poursuite aggrave encore la situation judiciaire du député.
Portrait : de la Seine-Saint-Denis aux bancs de l’Assemblée nationale
Antoine Villedieu, né en 1989, entame sa vie professionnelle dans la police nationale en tant que gardien de la paix. Affecté d’abord en Seine-Saint-Denis, l’un des secteurs les plus exigeants pour les forces de l’ordre, il rejoint par la suite le commissariat de Besançon. En parallèle, il se distingue sur les rings en pratiquant professionnellement la boxe anglaise et le MMA (mixed martial arts), discipline dont il décroche le titre de champion du monde.

En juin 2022, il se présente sous l’étiquette du Rassemblement national dans la 1re circonscription de Haute-Saône et s’impose au second tour avec 54,5 % des voix, battant la députée sortante LREM Barbara Bessot Ballot. En juillet 2024, lors des législatives anticipées consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, il est réélu avec 53,52 % des suffrages, confirmant son enracinement local.
Son mandat n’est pas exempt de polémiques. En novembre 2025, le média d’investigation StreetPress révèle que son collaborateur parlementaire, Jean-Eudes Le Moulec, gère un compte Instagram néo-fasciste faisant l’apologie de la violence. Malgré la couverture médiatique de l’affaire, Antoine Villedieu choisit de maintenir son assistant en poste, une décision qui suscite des critiques au-delà des seuls rangs de l’opposition.
Immunité parlementaire : ce qu’elle couvre et ce qu’elle ne couvre pas
En France, l’immunité parlementaire protège les députés uniquement pour les actes accomplis dans l’exercice de leur mandat — votes, discours, rapports. Elle ne les met pas à l’abri de poursuites pénales pour des actes relevant de leur vie privée, comme un accident de la route. Antoine Villedieu peut donc être normalement mis en examen, jugé et condamné sans que son statut d’élu lui confère une protection juridique particulière.
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