Son mandat n’est pas exempt de polémiques. En novembre 2025, le média d’investigation StreetPress révèle que son collaborateur parlementaire, Jean-Eudes Le Moulec, gère un compte Instagram néo-fasciste faisant l’apologie de la violence. Malgré la couverture médiatique de l’affaire, Antoine Villedieu choisit de maintenir son assistant en poste, une décision qui suscite des critiques au-delà des seuls rangs de l’opposition.
Immunité parlementaire : ce qu’elle couvre et ce qu’elle ne couvre pas
En France, l’immunité parlementaire protège les députés uniquement pour les actes accomplis dans l’exercice de leur mandat — votes, discours, rapports. Elle ne les met pas à l’abri de poursuites pénales pour des actes relevant de leur vie privée, comme un accident de la route. Antoine Villedieu peut donc être normalement mis en examen, jugé et condamné sans que son statut d’élu lui confère une protection juridique particulière.
Janvier 2026 : le premier signal d’alarme
Le 11 janvier 2026, trois mois et demi avant l’accident, des policiers découvrent Antoine Villedieu allongé devant une pharmacie de Vesoul, une plaie à l’arrière du crâne. Selon des sources proches de l’enquête relayées par France 3, les agents le trouvent « dans un état second ».

La scène tourne rapidement à l’affrontement. L’élu, en garde à l’approche des policiers, doit être plaqué au sol et menotté avant que les secours puissent le prendre en charge, contre son gré. Dans les jours suivants, Antoine Villedieu minimise l’épisode, expliquant s’être blessé en tombant et imputant le malaise à un « surmenage professionnel ». Aucune suite judiciaire ne semble avoir été donnée à cet incident.
Quelques semaines plus tard, en février 2026, le Rassemblement national prend une décision remarquée : alors que Villedieu avait publiquement annoncé sa candidature aux élections municipales à Vesoul, le parti décide finalement de ne pas l’investir, sans fournir d’explication officielle.
L’accident du 24 avril 2026 referme une boucle préoccupante. En moins de quatre mois, le même élu a fait l’objet de deux interventions des forces de l’ordre dans des circonstances troublantes, sans jamais avoir pu — ou voulu — être pleinement entendu par les autorités. La question de sa capacité à exercer sereinement ses fonctions parlementaires se pose désormais ouvertement.
L’affaire Villedieu illustre, une fois de plus, la difficulté pour les formations politiques à gérer les comportements problématiques de certains de leurs élus. Le Rassemblement national n’a, à ce stade, formulé aucune réaction publique concernant l’accident du 24 avril. L’enquête judiciaire ouverte par le parquet de Vesoul devra en premier lieu permettre l’audition du député, jusqu’ici empêchée par son état de santé. Au-delà de la procédure pénale, c’est la responsabilité d’un élu deux fois réélu avec plus de 50 % des voix dans sa circonscription qui sera scrutée dans les semaines à venir.
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