📌 Antinatalisme : cet homme de 27 ans poursuit ses parents en justice pour l’avoir mis au monde sans son consentement
Posted 24 février 2026 by: Admin

Un Procès Inédit Qui Bouscule Le Droit De La Filiation
À Bombay, Raphael Samuel a franchi un cap que peu oseraient envisager. Ce jeune entrepreneur de 27 ans a décidé d’attaquer ses propres parents en justice, non pour un héritage contesté ou une maltraitance, mais pour un motif bien plus radical : lui avoir donné la vie sans son consentement. Derrière cette démarche apparemment surréaliste se cache une réflexion mûrie depuis l’enfance, née d’une simple dispute familiale autour de l’école que son père n’avait pas su justifier.
Sur les réseaux sociaux, il milite sous le pseudonyme Nihilanand, arborant une énorme barbe postiche et brandissant des slogans en lettres capitales. Son message, provocateur mais réfléchi, pose une question vertigineuse : peut-on légitimement poursuivre ceux qui nous ont mis au monde pour une existence qu’on n’a jamais sollicitée ?
« Nos parents nous ont eus parce qu’ils en tiraient une certaine joie, ou parce qu’ils ont fait une erreur, mais quoi qu’il en soit, nous n’avons rien demandé », explique-t-il dans une vidéo YouTube. Pour Raphael, le principe est simple : personne ne devrait imposer à autrui l’obligation d’exister, avec son lot de contraintes et de souffrances inévitables. Cette action en justice, bien que juridiquement fragile, ouvre un débat inédit sur les fondements mêmes du droit de la filiation.

Une Philosophie Radicale Assumée
Cette démarche judiciaire s’enracine dans une idéologie précise : l’antinatalisme. Ce courant philosophique, que Raphael défend avec conviction, postule que l’existence humaine génère davantage de souffrance que de bonheur et que notre espèce pèse trop lourdement sur la planète. « L’humanité n’a aucun sens. Tellement de personnes souffrent. Si l’humanité disparaissait, la Terre et les animaux seraient mieux lotis », affirme-t-il sans détour.
Sur sa page Facebook Nihilanand, ses publications ne laissent aucune place à l’ambiguïté. « Pourquoi devrais-je souffrir ? Pourquoi dois-je me taper des bouchons ? Pourquoi dois-je travailler ? Pourquoi dois-je faire face à des guerres ? Pourquoi dois-je souffrir ou déprimer ? », énumère-t-il. La réponse, selon lui, tient en une phrase cinglante : « Des gens vous ont eu pour leur ‘plaisir’ ».
Pour Raphael, chaque contrainte quotidienne devient la preuve que l’existence est un fardeau imposé. L’école obligatoire, la recherche d’emploi, les embouteillages, les conflits mondiaux : autant d’épreuves qu’il juge illégitimes puisque personne n’a choisi d’y être confronté. Cette vision radicale trouve un écho croissant dans certains cercles écologistes et philosophiques, où la question de la surpopulation et de l’empreinte humaine alimente des débats de plus en plus vifs.

Un Paradoxe Familial Surprenant
Contrairement à ce que pourrait laisser supposer cette action en justice, Raphael Samuel ne cherche nullement la rupture avec ses parents. « J’aime mes parents et je m’entends très bien avec eux », affirme-t-il avec insistance. Ce détail change radicalement la nature de son combat : il ne s’agit pas d’un règlement de comptes familial, mais d’un principe philosophique qu’il souhaite défendre publiquement.
Plus troublant encore, le jeune homme reconnaît que « sa vie est géniale ». Cette reconnaissance frontale semble contredire l’ensemble de sa démarche. Comment poursuivre ses parents pour lui avoir donné une existence qu’il qualifie lui-même d’excellente ? Pour Raphael, la qualité de sa vie n’est pas le sujet. Ce qui compte, c’est l’absence de consentement initial. « Je ne vois pas pourquoi je devrais imposer à quelqu’un d’aller à l’école et de trouver un boulot, surtout si cette personne n’a pas demandé à exister », explique-t-il.
Son discours révèle une tension fascinante : celle d’un homme épanoui qui refuse néanmoins le principe même de sa naissance. Ses parents, dit-il, l’ont eu « parce que ça les rendait heureux, eux ». Cette analyse fait basculer la procréation du côté du désir parental exclusif, dénuée de toute considération pour l’intérêt de l’enfant à naître. Un raisonnement qui déstabilise les fondements traditionnels de la parentalité.

Une Bataille Symbolique Aux Chances Limitées
Raphael Samuel ne nourrit aucune illusion sur l’issue de son procès. Sa démarche vise d’abord à faire débat, à provoquer une réflexion collective sur un impensé juridique. Sa mère, Kavita Karnad Samuel, ne s’est d’ailleurs pas démontée face à l’annonce : « Très bien, mais ne t’attend pas à ce que je sois tendre. Je vais te laminer au tribunal », lui a-t-elle répondu avec un mélange d’ironie et de détermination.
Sur le plan strictement légal, cette action semble vouée à l’échec dans la plupart des systèmes juridiques occidentaux. En France notamment, la loi est formelle : « Nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance ». Cette disposition, inscrite au Code civil après l’affaire Perruche en 2000, ferme définitivement la porte à toute réclamation fondée uniquement sur le fait d’être venu au monde.
Mais Raphael Samuel n’est pas juriste : c’est un agitateur d’idées. Sa communication soignée, ses photos avec barbe postiche et slogans en capitales sur sa page Nihilanand révèlent une stratégie délibérément provocatrice. L’objectif n’est pas de gagner devant un juge, mais de conquérir l’opinion publique, d’installer son questionnement antinataliste dans le débat médiatique mondial.
Cette affaire illustre une tendance croissante : celle de l’activisme philosophique par le tribunal, où la procédure devient tribune et le verdict importe moins que l’écho médiatique obtenu.










