📌 Arrêt maladie et bénévolat : pourquoi la Sécurité sociale réclame 5 500 euros à ce président d’association
Posted 16 mars 2026 by: Admin

Un Courrier Choc : 5 500 Euros Réclamés Pour Du Bénévolat En Arrêt Maladie
Dans le Gers, Benjamin n’en croit pas ses yeux en ouvrant son courrier. La Sécurité sociale lui réclame 5 500 euros d’indemnités journalières pour avoir participé bénévolement à l’organisation de fêtes locales. Pourtant, cet ancien ouvrier fraiseur est en arrêt maladie depuis plus de deux ans, se déplace avec des béquilles et souffre toujours d’une hernie discale et d’une sciatique.
L’affaire suscite l’incompréhension dans ce petit village rural. Comment un engagement bénévole, destiné à animer la vie communautaire d’Espaon, une commune d’environ 200 habitants située à une heure de Toulouse, peut-il se retourner contre un citoyen fragilisé ? Benjamin, qui a subi une opération chirurgale sans réel succès, percevait des indemnités de la Caisse primaire d’assurance maladie lorsque la CPAM a découvert son implication au comité des fêtes du village voisin.
« Je ne vois pas ce que j’ai fait de mal, à part être au service des autres pour que les gens passent un bon moment », déplore-t-il auprès de France 3 Occitanie. Président du comité, il affirme s’être limité à des fonctions purement administratives en raison de ses difficultés à se déplacer. Aucun effort physique, uniquement de la coordination. Mais pour la Sécurité sociale, cette nuance ne change rien à la réglementation applicable.

Les Détails Troublants D’une Facture Aux Montants Démesurés
Cette demande de remboursement révèle des calculs qui défient l’entendement. Pour une fête locale organisée en octobre 2024, la CPAM réclame à Benjamin 47 jours d’indemnités journalières, soit plus de 1 700 euros. Une somme disproportionnée pour un événement ponctuel où son implication s’est limitée à de la coordination administrative.
Mais le cas le plus frappant concerne une assemblée générale tenue en avril. « Là, ils me demandent 18 jours d’indemnité pour deux heures de prestations », raconte-t-il à France 3 Occitanie. Deux heures de réunion transformées en près de trois semaines d’indemnités à rembourser : la logique de calcul échappe au principal intéressé.
Benjamin insiste sur la nature de ses activités. Cloué sur ses béquilles, il n’a effectué aucune tâche physique lors de ces événements. « Je ne pouvais même pas porter de matériel », précise-t-il. Son rôle se cantonnait à des fonctions administratives : planification, coordination, gestion des bénévoles. Des tâches qu’il jugeait compatibles avec son état de santé, réalisées depuis son domicile ou assis lors des réunions.
Pour la Sécurité sociale, ces distinctions importent peu. L’organisme applique une règle stricte : toute activité non autorisée entraîne la récupération des indemnités versées durant la période concernée. Une interprétation rigide qui laisse Benjamin face à une dette qu’il juge profondément injuste.

Ce Que Dit Vraiment La Loi Sur Les Activités Pendant L’arrêt Maladie
Cette apparente sévérité s’appuie sur un cadre légal méconnu mais sans ambiguïté. La législation française interdit formellement toute activité pendant un arrêt maladie, qu’elle soit rémunérée ou bénévole, professionnelle ou personnelle. Jardinage, bricolage, sport, engagement associatif : aucune exception n’existe sans autorisation médicale explicite.
Comme le précise la Sécurité sociale, l’assuré ne peut exercer « une quelconque activité, professionnelle ou non, rémunérée ou non » sans l’accord préalable du médecin prescripteur. Cette autorisation doit figurer noir sur blanc sur l’arrêt de travail, accompagnée d’une justification médicale. L’objectif : garantir que l’activité reste compatible avec l’état de santé du patient ou contribue à sa guérison.
Une seule dérogation existe. Si le médecin estime qu’une activité précise peut favoriser le rétablissement, il peut l’autoriser expressément. Un kinésithérapeute en arrêt pour lombalgie pourrait ainsi obtenir le feu vert pour de la natation thérapeutique. Mais cette validation doit être écrite, datée et médicalement argumentée.
Dans le dossier de Benjamin, cette autorisation n’a jamais été inscrite. Selon la CPAM, son engagement au comité des fêtes violait donc les conditions d’attribution des indemnités journalières, justifiant la récupération de 5 500 euros. Une interprétation stricte qui ne tient compte ni de la nature administrative des tâches, ni de la dimension sociale de son implication, ouvrant la voie à une contestation qui s’annonce complexe.

Entre Détresse Sociale Et Contestation : Le Combat D’un Homme De Bonne Foi
Au-delà des arguments juridiques, l’affaire révèle une réalité moins visible : l’isolement psychologique des arrêts maladie prolongés. Benjamin ne cache pas sa motivation première. « Moi ça me changeait les idées, parce que deux ans d’arrêt maladie, c’est long. C’est être chez soi à ne rien faire et c’est compliqué », confie-t-il. Une phrase qui résume le dilemme vécu par des milliers d’assurés : respecter scrupuleusement une interdiction totale d’activité ou préserver sa santé mentale par un minimum de vie sociale.
Président du comité des fêtes d’Espaon, ce village de 200 habitants, Benjamin affirme avoir limité son rôle à des tâches administratives compatibles avec ses limitations physiques. Pas de port de charges, pas de montage de structures, pas d’efforts prolongés. « Je ne vois pas ce que j’ai fait de mal, à part être au service des autres pour que les gens passent un bon moment », insiste-t-il. Une conviction de bonne foi qui structure désormais sa défense.
Face à la réclamation de 5 500 euros, il a décidé de contester formellement la décision de la CPAM. Son argumentation reposera probablement sur trois axes : l’absence de gain financier, le caractère purement administratif de ses fonctions, et l’impact thérapeutique du maintien d’un lien social. Une bataille juridique qui posera une question de fond : la réglementation actuelle prend-elle suffisamment en compte la dimension humaine des arrêts prolongés ?










