Audrey Fleurot dit être rentrée chez elle avec le sentiment qu’on lui avait « volé un truc ». Elle qualifie cet épisode de « mini-viol », une formule forte qu’elle rattache à des méthodes qu’elle estime désormais appartenir à un ancien monde du cinéma.
Elle ajoute qu’on lui aurait ensuite dit que la scène ne serait pas montée. Pour l’actrice, cela rendait l’épisode d’autant plus violent : si la séquence n’était pas nécessaire au film, le malaise vécu sur le plateau n’avait, selon elle, aucune justification artistique.
Pour comprendre
MeToo a modifié la manière dont les tournages abordent les scènes intimes. Là où beaucoup de situations reposaient autrefois sur l’improvisation ou l’autorité du réalisateur, les productions sont de plus en plus poussées à formaliser les limites, le consentement et les conditions de tournage.
Le tournant des coordinateurs d’intimité
Audrey Fleurot relie directement cette expérience aux changements intervenus après MeToo. Elle cite l’arrivée des coordinateurs d’intimité, chargés de chorégraphier les scènes amoureuses et de poser un cadre avant le tournage.

Le CNC décrit ce métier comme une fonction destinée à faire respecter l’intrigue dans les limites du consentement des acteurs. Il ne s’agit pas de censurer les scènes intimes, mais de rendre explicites les gestes, les limites et les conditions de tournage.
Concrètement, ces professionnels peuvent intervenir en amont sur le scénario, organiser des échanges individuels avec les interprètes, définir les mouvements, prévoir des accessoires de protection ou limiter le nombre de personnes présentes sur le plateau. Le but est d’éviter que des scènes sensibles soient improvisées dans l’urgence.

