La Durance, avec ses courants et ses zones boisées, complique la tâche. Les équipes quadrillent méthodiquement, mais l’homme de 60 ans semble s’être volatilisé. L’opération professionnelle, pourtant conduite avec rigueur, bute sur une réalité frustrante : Joël Picault demeure introuvable. Face à cette impasse, l’espoir se tourne vers une autre forme de mobilisation.

La Mobilisation Des Proches : Une Battue Citoyenne
Face à l’échec des recherches officielles, Jasmine Zeroug prend les devants. Sur Facebook, elle lance un appel à la solidarité pour organiser une battue le samedi 21 février 2026 au matin. Le long de la Durance, une trentaine de proches se mobilisent, décidés à reprendre là où les autorités ont dû s’arrêter.
L’opération citoyenne débute à l’aube. Amis, collègues de l’entreprise Le Relais, simples connaissances : tous arpentent les berges, scrutent les sous-bois, inspectent les zones que les équipes professionnelles ont peut-être manquées. Cette battue improvisée témoigne d’une réalité : quand les moyens techniques ne suffisent pas, l’humain reprend ses droits. La connaissance du terrain, l’opiniâtreté, l’émotion aussi, deviennent des atouts.
Les recherches portent leurs fruits, modestement. Un bonnet avec des cheveux blancs est découvert et aussitôt remis à la police. Indice tangible ou simple effet personnel égaré ? L’analyse déterminera sa pertinence. Mais pour Jasmine Zeroug, l’essentiel est ailleurs. « Je n’ai pas envie de parler de lui au passé, il faut garder espoir, je chercherai jusqu’à le retrouver », déclare-t-elle avec une détermination qui ne faiblit pas.
Cette mobilisation révèle aussi une dimension troublante : Joël Picault était entouré, apprécié, suffisamment pour qu’une trentaine de personnes sacrifient leur samedi. Un homme loin d’être isolé, ce qui rend sa disparition d’autant plus déconcertante.

Le Portrait D’un Homme Qui Ne Montrait Pas Sa Souffrance
Cette mobilisation massive autour de Joël Picault révèle paradoxalement le fossé entre l’apparence sociale et le drame intime. Collègues de l’entreprise Le Relais, ex-compagne, amis : tous dressent le même portrait. Un homme joyeux et bout-en-train, prompt à égayer le quotidien, loin de l’image d’une personne en détresse.
Jasmine Zeroug, avec qui il a partagé près de 20 ans de sa vie, confirme cette lecture. Leur relation s’était maintenue en bons termes après la séparation, signe d’une maturité affective rare. Rien, dans le comportement du sexagénaire, ne laissait présager un tel basculement. « Il ne laissait pas transparaître son mal-être malgré les épreuves personnelles traversées », confie son entourage.
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