La modification s’est propagée jusqu’à l’espace personnel de Brigitte Macron sur le portail des impôts, comme si une base de données officielle avait validé l’identité falsifiée. C’est la secrétaire personnelle de la Première dame qui a découvert cette anomalie dans le système informatique.
La rumeur transphobe, une campagne structurée
Depuis plusieurs années, Brigitte Macron est la cible d’une rumeur affirmant qu’elle serait née sous le prénom masculin Jean-Michel Trogneux. Propagée principalement sur les réseaux sociaux, cette campagne à caractère transphobe n’a jamais été étayée par le moindre élément factuel ou document officiel. La Première dame et ses avocats ont répondu par des plaintes en justice, conduisant aux condamnations pénales successives de ses auteurs.
De la relaxe au revirement : la justice recadre la notion d’usurpation d’identité
Traduit devant le tribunal correctionnel de Paris, le couple avait obtenu une relaxe en février 2025. Les premiers juges avaient estimé qu’il n’y avait pas eu usurpation d’identité, faute de «tentative d’accès» à l’espace personnel de Brigitte Macron. La manipulation, à leurs yeux, ne réunissait pas les éléments constitutifs de l’infraction.

La cour d’appel de Paris a adopté une lecture radicalement différente. Pour les magistrats, «le simple fait d’injecter dans le système fiscal une identité dégradante reliée à une personne réelle suffit à constituer l’usurpation». Il n’est pas nécessaire, ont-ils précisé, de prouver que l’auteur ait cherché à accéder aux comptes de la victime.
Juliette A. a été condamnée à quatre mois d’emprisonnement avec sursis, son compagnon Laurent A. à trois mois avec sursis. Les deux prévenus ont en outre été privés de leur droit de vote pendant deux ans. Ces peines, bien que non exécutoires immédiatement, constituent un signal clair contre l’utilisation des outils administratifs de l’État comme vecteurs de harcèlement.
Un épisode parmi une vague de condamnations pour harcèlement organisé
La condamnation du couple corse s’inscrit dans un contexte de campagnes coordonnées visant Brigitte Macron depuis plusieurs années. Le 5 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné dix personnes pour cyberharcèlement à caractère transphobe, avec des peines allant de quelques mois avec sursis à six mois de prison ferme pour le cas le plus grave.

Parmi les condamnés, trois profils ont été désignés comme les «instigateurs» les plus influents : l’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan sur le réseau X, condamné à huit mois avec sursis ; la «médium» en ligne Amandine Roy, à six mois avec sursis assortis d’une suspension de ses comptes pendant six mois ; et le galeriste Bertrand Scholler, à six mois avec sursis.
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