Parallèlement, la procureure a insisté sur le fait que les deux accusées avaient tout mis en œuvre pour limiter leurs contacts avec la Société d’aide à l’enfance, exigeant notamment d’être prévenues à l’avance de toute visite des travailleurs sociaux. « Les travailleurs sociaux les ont crues sur parole », a-t-elle regretté à l’audience.
La protection de l’enfance en question
Cette affaire met en lumière de graves lacunes dans le suivi des enfants placés en famille d’adoption. Les deux accusées ont réussi pendant plusieurs années à tenir les services sociaux à l’écart, en conditionnant les visites à domicile à un préavis préalable.

La procureure a souligné que les travailleurs sociaux n’ont jamais pu constater la réalité de la situation, faute de visites inopinées. Cette faille dans le dispositif de contrôle a permis aux sévices de se poursuivre sans interruption de 2017 à 2022.
Le verdict dans ce dossier est attendu à une date ultérieure. L’issue du procès pourrait relancer le débat au Canada sur les modalités de suivi des enfants adoptés et sur les moyens accordés aux services de protection de l’enfance.
L’affaire de Burlington expose, dans toute sa brutalité, ce que peut endurer un enfant lorsque les filets de sécurité censés le protéger sont contournés. Le procès de Brandy Cooney et Becky Hamber, dont le verdict reste attendu, soulève des questions fondamentales sur la capacité des institutions canadiennes à détecter et à prévenir de telles situations. Au-delà du jugement, c’est l’ensemble du dispositif de suivi des enfants adoptés qui se trouve aujourd’hui sous le feu des critiques.
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