En 2001, elle obtient l’un de ses rôles les plus populaires : Suzanne, la patronne du café de Montmartre, dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. Ce film phénomène, qui réunit des millions de spectateurs en France et à l’étranger, lui offre une visibilité nouvelle auprès de plusieurs générations.
Un héritage immense, des honneurs trop rares
Malgré deux nominations au César et une reconnaissance au Molière, Claire Maurier n’a jamais décroché de prix majeur au cours de sa carrière. Une lacune que ses admirateurs ont souvent soulignée, tant son travail a contribué à la richesse de nombreux films sans jamais occuper le devant de l’affiche.

Parmi ses dernières apparitions notables, on retiendra son interprétation de Jacqueline Chazes, la mère impitoyable du personnage incarné par Gérard Depardieu, dans La Tête en friche de Jean Becker en 2010. Ce rôle de matriarche autoritaire confirme sa capacité à habiter des personnages forts et complexes jusqu’à un âge avancé.
Sa dernière apparition télévisée remonte à 2013, dans la série La Famille Katz d’Arnauld Mercadier, diffusée sur France 2, aux côtés de Catherine Jacob et Julie Depardieu. Elle avait alors 84 ans.
Avec la disparition de Claire Maurier, le cinéma français perd l’une de ses grandes interprètes de l’ombre, dont le talent a enrichi les œuvres de Truffaut, Jeunet, Sautet et bien d’autres sans jamais chercher la lumière pour elle-même. Elle incarne cette tradition française du second rôle habité, celui qui donne son épaisseur à un film sans en être la vedette. Claire Maurier avait 97 ans : une vie entière au service d’un art qu’elle aura servi avec une fidélité et une discrétion exemplaires.
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