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17 août 2026
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Coline Berry accuse son père de viols devant les députés : un témoignage qui ébranle

D’autres témoins ont été entendus lors de la même séance, dont l’illustratrice Cécile Cée, qui a qualifié l’inceste de « crime de masse » et dénoncé la banalisation culturelle des violences sexuelles au sein des familles. Ces auditions successives dessinent un tableau de défaillances systémiques dans la prise en charge des victimes par l’institution judiciaire.

Moins de 1 %
C’est la part des violences sexuelles incestueuses commises en famille qui aboutissent à une condamnation pénale, selon les données de la CIIVISE.

Imprescriptibilité, rétroactivité : les réformes réclamées par les victimes

Au-delà de son témoignage personnel, Coline Berry est venue à l’Assemblée avec des revendications précises. Elle s’est prononcée pour l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs, estimant que les délais légaux actuels — si longs soient-ils — demeurent un obstacle structurel pour des victimes dont la parole met souvent des décennies à se libérer.

Imprescriptibilité, rétroactivité : les réformes réclamées par les victimes
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Elle a également plaidé pour « la suppression de la non-rétroactivité des lois pour les victimes d’hier » : une mesure qui permettrait aux victimes de faits commis avant l’extension des délais de prescription d’en bénéficier rétroactivement. Une réforme juridiquement complexe, qui remettrait en cause un principe fondamental du droit pénal français.

Parmi ses autres demandes : interdire les poursuites en diffamation contre une victime pendant le cours d’une enquête pénale — une procédure qu’elle a elle-même subie — et rendre obligatoires des évaluations psychologiques immédiates des personnes mises en cause dès le début de l’instruction. « Des actes, des lois, des changements dans les procédures » : c’est en ces termes qu’elle a résumé ses attentes devant les députés, à qui il reviendra de formuler des recommandations dans leur rapport final.

Le témoignage de Coline Berry devant les députés aura au moins accompli cela : donner un visage et une voix à une réalité que les chiffres peinent seuls à restituer. Il illustre surtout les contradictions d’un système où des victimes témoignent publiquement des décennies après les faits, sans que la justice puisse en connaître faute de délais suffisants. La commission d’enquête parlementaire, dont les travaux se poursuivent, devra formuler des propositions concrètes face à ce constat. La question de la prescription — et de ses limites face à des crimes commis sur des enfants — est désormais ouvertement posée au législateur.

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