L’ancienne candidate à la présidentielle pointe le revirement d’Emmanuel Macron. En février 2017, alors candidat à l’Élysée, il avait qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité » lors d’une visite à Alger. Des « mots très forts » qui avaient suscité l’espoir côté algérien. Mais Royal estime qu’il « a complètement changé » par la suite. Ce virage stratégique aurait été perçu comme « une trahison » par les autorités algériennes, creusant davantage le fossé diplomatique entre les deux pays.
Cette prise de position mémorielle intervient alors que Royal tente de se poser en médiatrice dans un contexte de tensions exacerbées.

La Mission De Médiation À Alger
Cette posture mémorielle s’accompagne d’une action concrète sur le terrain. Vendredi dernier, Ségolène Royal s’est rendue à Alger en tant que présidente de l’Association France Algérie, fonction qu’elle occupe depuis décembre. Une visite qui prend tout son sens dans un contexte où « les canaux officiels semblent à bout de souffle ».
L’ancienne ministre a été reçue par le président Abdelmadjid Tebboune en personne. Un signal fort qui illustre la volonté algérienne d’explorer des voies alternatives de dialogue. Royal a obtenu une autorisation exceptionnelle : rendre visite au journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné pour « apologie du terrorisme » et condamné à 7 ans de prison.
À part ses parents et le cardinal franco-algérien Jean-Paul Vesco, Gleizes n’avait reçu « aucune autre visite ». Royal annonce avoir « obtenu » son transfert près d’Alger, facilitant ainsi les contacts avec sa famille. Elle affirme également avoir « appuyé » la demande de grâce formulée par les proches du journaliste, qui fêtera ses 37 ans samedi prochain.
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