La Coca-Cola Company avait été introduite en bourse en 1919 autour de 40 dollars l’action. Un conflit avec ses fournisseurs de sucre avait ensuite fait chuter le cours aux alentours de 19 dollars. Pour Munroe, cette correction représente une occasion rare d’acheter une part d’une boisson que tout le monde consomme, à prix cassé.
Des prêts agricoles transformés en portefeuilles boursiers sur plusieurs décennies
La méthode de Munroe dépasse le simple conseil financier. Lorsqu’un agriculteur se présente à son agence pour financer un tracteur ou réparer une toiture, le banquier ajoute régulièrement une ligne au contrat: un prêt complémentaire destiné à l’achat d’actions Coca-Cola.

Il pose deux conditions strictes: ne jamais revendre ces titres et réinvestir systématiquement les dividendes perçus. Ce mécanisme de capitalisation composée, appliqué sur des décennies, est au cœur de la fortune accumulée par les familles de Quincy.
Commerçants, agriculteurs et simples voisins se retrouvent ainsi actionnaires d’une multinationale sans l’avoir pleinement anticipé. La transmission de ce patrimoine s’est ensuite organisée via des fiducies familiales, structures juridiques permettant de gérer les portefeuilles sur plusieurs générations tout en préservant le capital.
La capitalisation composée, moteur invisible de la fortune
Le principe appliqué par Pat Munroe repose sur le réinvestissement systématique des dividendes: chaque versement de l’entreprise est utilisé pour acheter de nouvelles actions, qui produisent à leur tour de nouveaux dividendes. Sur plusieurs décennies, cet effet boule de neige démultiplie la valeur d’un investissement initial modeste. La condition posée par Munroe — ne jamais revendre — était précisément conçue pour laisser ce mécanisme opérer sans interruption.
10 millions de dollars par action: ce que valent ces titres selon l’évaluation de 2013
Une évaluation réalisée en 2013 donne la mesure du phénomène. Une seule action achetée à l’époque, avec les dividendes intégralement réinvestis, serait valorisée à 10 millions de dollars — soit environ 9,2 millions d’euros — et dégagerait 270 000 dollars de revenus annuels, un peu plus de 250 000 euros.

Pour un lot de 100 actions acquis entre 1 900 et 4 000 dollars (environ 1 750 à 3 700 euros au taux de conversion indiqué), la valeur théorique dépasserait un milliard de dollars, soit quelque 920 millions d’euros.
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