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17 août 2026
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Condamné à 30 ans, le violeur de Karine Jambu sera libre le 12 mai et s’installe à Rennes

« Je me sens trahie par la justice » : l’absence de tout recours

Karine Jambu se retrouve aujourd’hui sans recours juridique pour s’opposer à cette libération. « Ça sert à quoi de prononcer trente ans de prison si c’est pour le laisser sortir ? C’est pour calmer la victime et la soulager ? », lâche-t-elle, amère.

« Je me sens trahie par la justice » : l'absence de tout recours
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Sa tante, Laurence Brunet-Jambu, qui l’a soutenue pendant des décennies face aux défaillances du système judiciaire et des services sociaux — et qui a fait condamner l’État à plusieurs reprises — ne décolère pas. « C’est elle qu’on condamne à nouveau. C’est comme si on remettait la victime en prison. Cet homme est un violeur multirécidiviste qui a déjà fait plusieurs victimes. Quand il a violé Karine, il était censé être en soins ! Il n’a jamais écrit, jamais demandé pardon », dénonce-t-elle.

Roland Blaudy compte au moins trois condamnations pour viols ou agressions sexuelles sur mineurs depuis 1997. La tante pose la question centrale : « On fait des prisons ultra-sécurisées pour les dealers mais on laisse les violeurs dehors ? » Une interrogation qui résonne bien au-delà du seul cas Blaudy.

Une histoire déjà portée à l’écran

Le calvaire de Karine Jambu avait fait l’objet d’un livre intitulé Signalements, puis d’un téléfilm réalisé par Éric Métayer et diffusé sur France TV, dans lequel Cécile Bois et Flavie Dachy interprétaient la tante et la nièce. Ces œuvres avaient mis en lumière les défaillances répétées de la protection de l’enfance : dès la naissance de Karine, des alertes avaient été données par les sages-femmes, sans être suivies d’effet. Sa mère, à qui la garde avait néanmoins été confiée, avait pourtant déjà été condamnée pour avoir poignardé à mort son propre bébé avant la naissance de Karine.

L’affaire Roland Blaudy met en lumière une tension fondamentale du droit pénal : celle entre la réinsertion du condamné et la protection de la victime. Le mécanisme de la confusion des peines, légal mais méconnu du grand public, a permis à un pédocriminel multirécidiviste de retrouver une liberté que sa victime n’avait pas demandée pour lui. Karine Jambu, 29 ans, se retrouve contrainte de partager sa ville avec son bourreau, sans possibilité juridique de s’y opposer. Son histoire, déjà portée à l’écran dans Signalements, pointait les failles de la protection de l’enfance. Elle désigne désormais celles de l’aménagement des peines pour les crimes sexuels les plus graves.

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