
Mais dès les premières minutes, Pascal Praud a choisi un tout autre angle. Plutôt que d’interroger l’auteur sur le fond de son analyse, le présentateur a d’emblée positionné son invité sur le banc des accusés, le qualifiant d’« acteur du désastre français ». Une entrée en matière qui a immédiatement tendu l’atmosphère.
La première friction est aussi venue du livre lui-même. Copé a reproché à son hôte de n’avoir fait que le feuilleter superficiellement, une accusation que Praud a balayée : « On ne va pas aller sur ce terrain-là. J’ai lu votre livre. » Le ton était donné : cet entretien ne ressemblerait à aucun autre.
Qui est Pascal Praud ?
Pascal Praud est le présentateur phare de L’Heure des pros sur CNews, émission diffusée chaque matin et connue pour ses débats à haute température. Son style — interpellations directes, provocations assumées, refus du consensus — en fait l’une des figures les plus clivantes de l’audiovisuel français. Jean-François Copé, de son côté, est ancien ministre délégué au Budget et maire de Meaux depuis 2002, figure historique de la droite traditionnelle.
Une heure d’interruptions et de provocations mutuelles
Pendant plus d’une heure, les deux hommes ne se sont quasiment pas laissé finir leurs phrases. Copé a réclamé à plusieurs reprises le droit de s’exprimer : « Je ne viens pas souvent chez vous, donc laissez-moi le plaisir de parler. » En vain. Les chroniqueurs présents sur le plateau se sont également ligués contre l’invité, accentuant encore son isolement.

Le débat a pris un tournant particulièrement vif lorsque Pascal Praud a avancé que la France aurait peut-être affiché un meilleur bilan si Marine Le Pen avait été élue à la présidence en 2017. Une hypothèse provoquatrice à laquelle Copé a répondu en qualifiant le programme économique du Rassemblement national de « socialiste », refusant d’endosser la comparaison.
Praud a alors recentré le débat sur la responsabilité collective de la classe politique traditionnelle, dont il tient Copé pour l’un des représentants. L’ex-ministre a défendu son bilan au ministère des Finances : « C’est les trois années où on a baissé la dépense publique, les impôts, le déficit et la dette. » Un argumentaire que le présentateur n’a pas accepté sans résistance.
« Mon nom est sali deux fois sur trois » : Copé lâche tout
C’est au cœur de l’échange que Jean-François Copé a prononcé la phrase qui a fait le tour des réseaux sociaux. Excédé par ce qu’il perçoit comme une hostilité récurrente, il a lâché sans détour : « Vous avez le micro tous les jours et mon nom est sali à peu près deux fois sur trois lorsqu’il est prononcé. »

L’ancien maire de Meaux est allé plus loin, dénonçant une « attaque personnelle » qui, selon lui, dépasse le cadre légitime du débat d’idées pour toucher directement à sa réputation. Une sortie qui traduit un ras-le-bol visible, accumulé sur la durée, et non une simple réaction à chaud.
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