Elle proposait également de séparer les apprentissages : les savoirs théoriques le matin, quand la concentration est maximale, et les apprentissages pratiques — projets, activités artistiques, sportives, compétences de la vie quotidienne — l’après-midi. Sur le plan du calendrier annuel, la Convention suggérait de réduire les zones de vacances de trois à deux, afin de mieux équilibrer la répartition des congés sur l’année.
Syndicats sceptiques et obstacles logistiques
Si la science valide le principe, les acteurs du terrain sont nettement moins enthousiastes. Dès la publication des recommandations de la Convention citoyenne en novembre 2025, les principaux syndicats enseignants ont exprimé leur scepticisme. Le SNES, syndicat majoritaire dans le second degré, a dénoncé le risque d’une « école au rabais » et d’un « zapping permanent », estimant que les nouvelles organisations pédagogiques proposées seraient particulièrement défavorables aux élèves les plus en difficulté.

Plus largement, les syndicats font valoir que demander aux enseignants d’absorber une réorganisation complète de leurs emplois du temps — sans revalorisation salariale préalable — revient à « mettre la charrue avant les bœufs ». La priorité, selon eux, est d’abord de rendre le métier attractif, pas de bousculer des professionnels déjà sous pression.
Sur le plan logistique, Geffray lui-même reconnaît que l’application uniforme d’un début à 9h se heurterait à des contraintes locales difficiles à surmonter, au premier rang desquelles l’organisation des transports scolaires. Dans les zones rurales ou périurbaines, décaler d’une heure l’arrivée des élèves bouleverserait des plans de ramassage scolaire construits sur des décennies. C’est précisément pour cette raison qu’il privilégie une approche expérimentale et territoriale, laissant aux établissements et aux collectivités une marge d’adaptation.
La déclaration d’Édouard Geffray marque une étape : pour la première fois, un ministre de l’Éducation nationale affirme publiquement et sans détour que les adolescents devraient commencer les cours à 9h. La convergence entre les recommandations scientifiques, les travaux de la Convention citoyenne et la position du gouvernement est inédite. Mais l’ambition bute sur une réalité multiple : réticences syndicales, casse-tête logistique et agenda politique. Renvoyée à la présidentielle de 2027, la réforme des rythmes scolaires reste, pour l’heure, un horizon plutôt qu’une décision.
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