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17 août 2026
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Cours à 9h au collège et au lycée : le ministre ouvre le débat, mais pas avant 2027

La Convention citoyenne de 2025 avait déjà tracé la voie
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le rapport final formulait 20 propositions pour adapter les rythmes scolaires au bien-être des enfants et des adolescents. Parmi les mesures phares : une semaine de cinq jours du lundi au vendredi, un premier cours à 9h au secondaire, et une pause méridienne allongée à une heure trente.

Les chiffres présentés par la Convention pour étayer ces recommandations étaient frappants. Un adolescent sur quatre manque de sommeil, et 26 % des jeunes se déclarent angoissés avant d’aller en cours. Ces données, issues de travaux de l’Assurance maladie et d’instituts spécialisés, avaient convaincu les citoyens réunis que l’organisation actuelle des journées scolaires constituait un véritable problème de santé publique.

Les résultats de la Convention ont alimenté le débat politique sans déclencher de réforme immédiate. Le gouvernement avait pris acte du rapport sans s’engager sur un calendrier précis. La déclaration d’Édouard Geffray en avril 2026 marque néanmoins une étape : pour la première fois, la recommandation citoyenne trouve un écho direct dans la parole d’un ministre en exercice.

Des obstacles majeurs qui compliquent toute réforme rapide

Si le consensus scientifique est clair, la mise en œuvre soulève des résistances importantes. Du côté des syndicats enseignants, la SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, a qualifié l’idée d’« hors sujet » et dénoncé une « impasse organisationnelle », craignant une école au rabais avec un « zapping permanent » jugé « particulièrement défavorable aux élèves en difficulté ». Pour ces syndicats, l’urgence est ailleurs : la revalorisation de la profession enseignante.

Des obstacles majeurs qui compliquent toute réforme rapide
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La logistique scolaire constitue un autre frein considérable. Modifier l’heure de début des cours impliquerait de revoir en profondeur les réseaux de transport scolaire, gérés par les régions et les départements, dont les tournées sont calées au plus serré. Il faudrait également réorganiser les dispositifs d’accueil périscolaire, en particulier pour les fratries dont certains enfants sont encore à l’école primaire.

Pour les familles, la question des horaires de travail des parents non enseignants se pose avec acuité. Contrairement aux enseignants, la plupart des actifs ne peuvent pas moduler librement leur emploi du temps : ils dépendent de conventions collectives et de l’accord de leur employeur. Retarder l’heure d’arrivée à l’école sans adapter l’organisation du travail risquerait de créer de nouvelles tensions pour de nombreux foyers.

Face à ces obstacles, le ministre envisage une approche progressive et différenciée. Plutôt qu’une règle nationale uniforme, il évoque la piste d’expérimentations territoire par territoire, laissant aux collectivités locales volontaires le soin de tester le nouveau rythme avant toute généralisation. Une méthode prudente qui repousse de fait toute transformation systémique à l’horizon 2027 au minimum.

La déclaration d’Édouard Geffray a eu le mérite de mettre les chiffres sur la table et de donner une légitimité politique à une réforme que les scientifiques appellent de leurs vœux depuis des années. Mais entre la conviction du ministre et la réalité du terrain, le chemin reste long. Transports, périscolaire, horaires de travail des parents, résistances syndicales : chaque aspect de la vie scolaire serait impacté par un tel changement. Le dossier des rythmes scolaires s’annonce ainsi comme l’un des chantiers les plus complexes — et les plus attendus — du prochain quinquennat. Pour les familles d’adolescents qui vivent chaque matin la course contre la montre, la question reste entière : à quel horizon ?

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