Le ministère de l’Intérieur a pour sa part confirmé que 11,7 millions de comptes — particuliers comme professionnels — sont effectivement concernés. L’écart entre les chiffres revendiqués par les hackers et ceux retenus par les autorités s’explique par la distinction entre enregistrements bruts et comptes uniques réels.
Données volées : ce qui a fuité, ce qui a été préservé
Selon les premières conclusions des investigations, les données compromises appartiennent à la catégorie des données d’identification. Sont concernés : les identifiants de connexion, les noms et prénoms, les dates et lieux de naissance, les adresses électroniques, ainsi que, dans certains cas, les adresses postales et les numéros de téléphone.

L’ANTS tient à rassurer sur un point essentiel : les pièces justificatives et les données biométriques n’ont pas été touchées. L’agence précise par ailleurs que « ces données ne permettent pas d’accès illégitime au compte nominatif sur le portail ». Autrement dit, un individu malveillant en possession de ces informations ne pourrait pas se connecter à votre espace personnel pour effectuer des démarches à votre place.
Les vérifications se poursuivent pour confirmer définitivement l’étendue de la fuite. Les personnes directement concernées sont ou seront progressivement informées par courriel de la part de l’ANTS.
Qu’est-ce que l’ANTS ?
L’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) est l’organisme public qui centralise l’ensemble des démarches administratives en ligne liées aux titres d’identité des citoyens français : carte nationale d’identité, passeport, permis de conduire et certificat d’immatriculation (carte grise). Créée en 2007, elle traite chaque année des millions de dossiers via son portail ants.gouv.fr, ce qui en fait l’un des services numériques les plus fréquentés de l’administration française.
La réponse des autorités : CNIL, ANSSI et parquet de Paris saisis
Face à l’ampleur de l’incident, l’ANTS a immédiatement déclenché les procédures prévues par le RGPD. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a été notifiée dans les délais réglementaires. Un signalement a également été transmis à la procureure de la République de Paris, ouvrant la voie à une enquête judiciaire.

Sur le volet technique, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a été alertée et coordonne les investigations forensiques pour identifier précisément les vecteurs de l’attaque et s’assurer que la faille a été colmatée.
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