
Pour illustrer la gravité du risque à l’échelle civilisationnelle, Gross invoque le paradoxe de Fermi. Ce paradoxe, formulé par le physicien Enrico Fermi dans les années 1950, pose une question simple : si des civilisations intelligentes existent ailleurs dans l’univers, pourquoi n’en détectons-nous aucune trace ? L’une des hypothèses les plus sombres est que ces civilisations finissent toutes par s’autodétruire avant d’atteindre l’échelle interstellaire.
« Les accords, les normes entre les pays, tout est en train de s’effondrer », déplore-t-il. Pour Gross, la science peut mesurer les risques, mais seule la volonté politique peut les réduire. L’humanité aurait ainsi la possibilité d’éviter ce destin, à condition d’en prendre conscience à temps.
Les mises en garde de David Gross ne viennent pas d’un alarmiste, mais d’un homme dont toute la carrière repose sur la rigueur mathématique. Son calcul ne prétend pas prédire l’avenir avec certitude : il tente de mesurer un risque que l’humanité préfère ignorer. Dans un monde où les traités s’effacent, les arsenaux nucléaires prolifèrent et l’intelligence artificielle s’immisce dans les systèmes militaires, la question n’est plus de savoir si le risque existe — mais de décider collectivement, et rapidement, comment le réduire.
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