
Aya, 11 ans, s’était arrêtée brièvement pour demander de l’aide à une camarade : un lacet à renouer. Un geste sans urgence, mais suffisant pour que le groupe les dépasse. Les accompagnateurs ont refermé la marche sans remarquer leur absence, et le bus a démarré, persuadé d’avoir tous les élèves à bord.
Les deux fillettes ont tenté de courir derrière le car, mais il était déjà trop loin. Elles se sont retrouvées seules sur le trottoir, à Audincourt, sans adulte et sans moyen d’alerter rapidement l’école.
«On a une mauvaise nouvelle» : l’appel qui a plongé une mère dans l’angoisse
Il était un peu plus de 11 h 20 lorsque le téléphone de Rizlaine a sonné. À l’autre bout du fil, la directrice de l’école. La voix était hésitante, le ton grave : «Avez-vous eu Aya au téléphone ?» Puis vient la phrase redoutée, rapportée par France 3 Bourgogne-Franche-Comté : «On a une mauvaise nouvelle pour vous, on l’a oublié au cinéma.»

Rizlaine s’est aussitôt précipitée vers l’école. Arrivée sur place, elle a tenté de garder son calme, mais l’inquiétude était trop forte. «Ma fille, c’est toute ma vie. S’il lui était arrivé quelque chose, je ne m’en serais pas remise», a-t-elle confié.
Pendant trois heures, les parents n’ont eu aucune nouvelle directe de leurs enfants. Les scénarios se sont enchaînés dans la tête de Rizlaine, sans qu’aucune information ne vienne les dissiper.
La surveillance des élèves lors des sorties scolaires
En France, les enseignants et accompagnateurs sont soumis à une obligation légale de surveillance des élèves pendant toute la durée des activités scolaires, y compris les déplacements. Tout manquement à cette obligation peut engager la responsabilité pénale des personnels concernés, notamment au titre de la mise en danger de la vie d’autrui. Les sorties scolaires font l’objet de protocoles précis, incluant le contrôle des présences à chaque montée et descente de véhicule.
Trois heures seules en ville : les fillettes rejoignent d’elles-mêmes un domicile voisin
C’est au bout de trois heures que l’inquiétude a finalement trouvé son épilogue. Selon les informations rapportées par Ouest-France, les deux fillettes avaient décidé par elles-mêmes de rejoindre le domicile du père d’Aya, situé dans une commune voisine d’Audincourt.

Un réflexe qui a permis de les retrouver saines et sauves, mais qui souligne à quel point deux enfants de 11 ans ont été laissées sans encadrement sur la voie publique. Pour Rizlaine, le soulagement n’a pas effacé les émotions vécues durant ces heures d’attente.
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