Au Royaume-Uni, la réflexion est en cours. Le gouvernement britannique a lancé en mars 2026 une consultation publique visant à réformer le droit applicable aux animaux en cas de séparation. Actuellement, comme en France, les animaux y sont encore traités comme des biens matériels — une situation que les autorités jugent de plus en plus difficile à défendre.
En France, les animaux encore traités comme des meubles
En France, la situation juridique reste figée. Aucune loi, aucun décret ne prévoit de disposition particulière concernant les animaux de compagnie lors d’une séparation. Ils sont soumis aux mêmes règles que les autres biens du couple — au même titre qu’une voiture ou un canapé.

Concrètement, un animal acquis avant le mariage appartient à celui qui l’a obtenu. S’il a été acquis durant la vie commune, il est considéré comme un bien commun : son attribution est décidée par accord entre les ex-conjoints, ou à défaut par le juge aux affaires familiales, sans que ce dernier soit tenu de prendre en compte le bien-être de l’animal ou ses liens affectifs avec l’un ou l’autre des membres du foyer.
Ce vide juridique contraste avec une avancée symbolique de 2015, date à laquelle le Code civil a reconnu les animaux comme des « êtres vivants doués de sensibilité », les distinguant enfin formellement des objets inanimés. Une réforme qui n’a pourtant entraîné aucune conséquence pratique dans le droit du divorce. Le fossé entre la réalité sociale — où les animaux sont perçus comme des membres de la famille — et le cadre légal reste, en France, particulièrement marqué.
L’accord turc sur la pension pour chats cristallise une transformation en cours dans plusieurs systèmes juridiques : la reconnaissance que les animaux de compagnie ne sont pas de simples objets que l’on partage comme un meuble. Espagne, Turquie, Royaume-Uni avancent, chacun à leur rythme, vers un droit plus cohérent avec les liens affectifs qui unissent les humains à leurs animaux. La France, malgré la reconnaissance symbolique de 2015, accuse un retard notable sur ce terrain. La question n’est plus de savoir si le droit doit évoluer, mais quand — et sous quelle forme.
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