Depuis, Israël a participé à 47 reprises et a remporté le concours à quatre occasions : en 1978 avec Izhar Cohen et The Alphabeta, en 1979 avec Milk and Honey, en 1998 avec Dana International — une victoire historique qui avait mis en lumière la cause trans — et en 2018 avec Netta. L’État hébreu figure au septième rang des pays les plus victorieux de l’histoire du concours.
L’UER, une organisation aux frontières plus larges qu’il n’y paraît
L’Union européenne de radio-télévision (UER), fondée en 1950 et dont le siège est en Suisse, est la plus grande association professionnelle de radiodiffuseurs au monde. Elle regroupe les diffuseurs d’une cinquantaine de pays, bien au-delà des frontières de l’Union européenne. C’est ce cadre institutionnel qui explique la présence régulière de nations comme l’Australie, l’Arménie ou l’Azerbaïdjan à l’Eurovision — et celle d’Israël, dont le diffuseur public est membre depuis 1957.
Le boycott le plus massif depuis 1970 : cinq pays absents, plus de 1 000 artistes mobilisés
Le 4 décembre 2025, cinq pays ont annoncé leur retrait de l’Eurovision 2026 : l’Espagne, les Pays-Bas, l’Islande, la Slovénie et l’Irlande. C’est le boycott le plus large qu’ait connu le concours depuis 1970, une édition également perturbée par des tensions politiques majeures.

Les justifications avancées convergent vers la situation humanitaire à Gaza. La radiotélévision irlandaise RTE a été particulièrement explicite, déclarant que « la participation de l’Irlande serait inadmissible compte tenu des pertes humaines effroyables qui continuent de se produire à Gaza », et faisant part d’une préoccupation « profonde » face aux « assassinats ciblés de journalistes ».
En parallèle, la coalition No Music for Genocide et le Comité palestinien pour le boycott académique et culturel d’Israël ont publié une lettre ouverte signée par plus de 1 000 artistes, dont Macklemore, Peter Gabriel, Paloma Faith, Kneecap, Massive Attack et plusieurs anciens lauréats de l’Eurovision. Les signataires y déclarent refuser que le concours soit « utilisé pour blanchir et normaliser le génocide, le siège et l’occupation militaire brutale des Palestiniens par Israël ».
Noam Bettan, sa chanson en français et la polémique des votes
Israël est représenté cette année par Noam Bettan, lauréat de la douzième saison de l’émission de télé-crochet israélienne Rising Star. Né à Ra’anana de parents immigrés de Grenoble, il chante « Michelle », une chanson écrite en grande partie en français — un hommage à ses racines familiales — complétée de passages en hébreu et en anglais. Lors de la première demi-finale, sa prestation a été accueillie par un mélange d’applaudissements et de sifflets.

Avant la compétition, Noam Bettan avait publié sur les réseaux sociaux des vidéos dans lesquelles il appelait directement ses fans à « voter dix fois pour Israël ». L’UER l’a aussitôt rappelé à l’ordre, estimant que cette démarche n’était « pas conforme à nos règles ni à l’esprit du concours ».
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