Décrit par l’entourage comme jaloux et contrôlant, Karim Boukhari a contacté « quelques personnes par téléphone » depuis son arrivée en Algérie, selon le parquet de Nantes, sans que davantage de précisions n’aient été communiquées. Le 7 avril, face aux éléments réunis, le procureur de la République Antoine Leroy saisit un juge d’instruction pour meurtre par conjoint et enlèvement de mineure.
Féminicides en France : un fléau persistant
En France, les violences conjugales mortelles font l’objet d’un suivi minutieux par les associations et les pouvoirs publics. L’affaire Manon Relandeau s’inscrirait, si le meurtre est confirmé, comme le trentième féminicide présumé recensé en France au mois d’avril 2026 selon le décompte de l’association Féminicides France. La qualification de meurtre par conjoint retenue par le parquet de Nantes constitue l’une des circonstances aggravantes les plus sévères prévues par le code pénal français.
Cent gendarmes, des plongeurs, des drones : un déploiement exceptionnel pour un corps introuvable
Depuis le début du mois d’avril, la gendarmerie a engagé des moyens rarement réunis pour une disparition en milieu rural. Environ cent personnels ont été mobilisés, dont une cinquantaine de gendarmes, deux équipes cynophiles, la brigade fluviale avec ses plongeurs, ainsi que des équipes aériennes opérant par hélicoptère et drone.

Une cellule nationale d’enquête composée de quinze investigateurs, dirigée par la section de recherches de Nantes, a été spécialement constituée pour piloter les investigations. Un tel dispositif témoigne du sérieux avec lequel les autorités traitent cette affaire.
Ce mardi 21 avril, des plongeurs étaient encore déployés dans les environs de Saint-Étienne-de-Montluc. Une rubalise jaune « zone interdite » barrait l’accès à la ferme gérée par la jeune femme ; un scellé avait été posé sur la porte du domicile du couple. À ce stade, le corps de Manon Relandeau n’a toujours pas été retrouvé.
L’Algérie, un refuge hors d’atteinte : le sort incertain de la petite Inaya
En s’envolant vers l’Algérie, Karim Boukhari a placé la justice française face à un obstacle juridique de taille : l’Algérie n’extrade pas ses ressortissants. Ce principe, inscrit dans le traité bilatéral franco-algérien de 2019, constitue un verrou quasi-infranchissable pour obtenir le retour du suspect sur le sol français.
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