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2 août 2026
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Fillette philippine séquestrée dans l’Aude : la faille de la reconnaissance de paternité

Documents officiels tamponnés et passeport étranger sur un bureau, reconnaissance de paternité
Image d’illustration © Toptenplay

La procédure, en apparence administrative et ordinaire, a fonctionné comme un sésame. Une fois en France, l’enfant disparaît de tout radar : pas de scolarisation déclarée, pas de suivi médical, aucune alerte. Le système de protection de l’enfance n’a pas détecté sa présence.

C’est précisément cette faille que les enquêteurs cherchent désormais à documenter : la reconnaissance de paternité utilisée non pas pour établir un lien familial, mais comme outil d’importation d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle.

La reconnaissance de paternité, un acte peu contrôlé à l’étranger

En droit français, un ressortissant peut reconnaître la paternité d’un enfant né à l’étranger devant un notaire local, à condition que la démarche soit validée par l’ambassade de France compétente. Cette procédure, conçue pour protéger les liens familiaux légitimes, ne fait pas l’objet d’une vérification biologique systématique. Elle peut ainsi, selon les enquêteurs dans cette affaire, être détournée pour obtenir des documents de voyage au nom d’un enfant sans lien réel avec le déclarant.

La Team Moore, un signalement et cinq fillettes reconnues par Jérémy M.

L’affaire n’aurait peut-être jamais éclaté sans un signalement extérieur. Le 11 juin 2024, la Team Moore, collectif de citoyens qui traque les pédophiles en ligne, alerte le procureur de Narbonne sur un habitant de Port-Leucate. Cet homme croyait s’adresser à une mineure : il s’agissait d’un faux profil. «Il lui fait des propositions sexuelles et lui envoie des contenus pédopornographiques», raconte Neila Moore, fondatrice du collectif avec son compagnon Steven, au Parisien.

Personne de dos devant un écran d'ordinateur, traque de pédophiles en ligne
Image d’illustration © Toptenplay

En recoupant les informations, les gendarmes réalisent que ce suspect et Guy C. habitent le même immeuble. «Les gendarmes se sont dit « On a deux pédophiles dans le même bâtiment, il faut aller voir ce qui se passe »», ajoute Neila Moore. Ce déclic conduit aux perquisitions simultanées et à la découverte de la fillette.

Des voisins affirment avoir vu une autre petite Asiatique chez Guy C. Interrogé, il cite un ami, Jérémy M., quadragénaire installé à Aubagne. Dans l’appartement de ce dernier, perquisitionné en son absence, les enquêteurs trouvent des documents d’état civil d’enfants, de la pédopornographie, des médicaments pour les troubles de l’érection et des somnifères.

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