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5 juin 2026

Fillette séquestrée dans l’Aude : l’enquête s’élargit

Une adolescente de 13 ans, originaire des Philippines, a été retrouvée en novembre 2024 dans un logement de Port-Leucate, dans l’Aude, lors d’une perquisition liée à une enquête pédocriminelle. Selon les éléments rapportés, l’enfant vivait isolée, sans scolarisation ni suivi médical régulier. Le dossier, désormais instruit sur fond de soupçons de traite d’êtres humains, implique deux hommes qui restent présumés innocents.

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En bref

  • Une adolescente retrouvée à Port-Leucate
  • Deux hommes visés par l’enquête
  • Des vérifications menées jusqu’en Asie

Une adolescente découverte hors de tout regard

La scène se déroule en novembre 2024, dans un immeuble de Port-Leucate. Les gendarmes interviennent dans le cadre d’une enquête ouverte à partir d’éléments pédocriminels. Dans le logement de Guy C., 59 ans, ils découvrent une fille de 13 ans originaire des Philippines, décrite comme dénutrie et incapable de parler français.

Chambre sans fenêtre liée à l’enquête judiciaire
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Selon l’article source, l’adolescente aurait vécu près de deux ans dans ce logement, sans être scolarisée, sans suivi médical régulier et presque jamais aperçue par le voisinage. La pièce où elle se trouvait est décrite comme une chambre sans fenêtre, aux airs de cagibi.

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Cette découverte fait changer d’échelle l’enquête. Les investigations ne portent plus seulement sur des fichiers ou des échanges numériques, mais sur la situation concrète d’une mineure isolée, privée des protections ordinaires de l’école, de la santé et des services sociaux.

Une paternité reconnue aux Philippines, puis contestée

Guy C. affirme que l’adolescente est sa fille. Mais, selon les éléments rapportés, il n’en serait pas le père biologique et n’aurait jamais été le compagnon de sa mère. Il l’aurait reconnue en 2018 devant un notaire aux Philippines, une démarche ensuite validée par l’ambassade de France.

Documents administratifs examinés par la justice
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Cette reconnaissance aurait permis l’obtention d’un passeport et l’arrivée de l’enfant en France. Une fois dans l’Aude, Guy C. aurait perçu des prestations de la Caf en tant que parent isolé, alors même que l’enfant n’était ni scolarisée ni suivie médicalement.

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Pour les enquêteurs, cette séquence administrative est centrale. Elle pose la question du contrôle des reconnaissances de paternité à l’étranger, de leur validation consulaire et des recours possibles lorsque la justice soupçonne une instrumentalisation de l’état civil.

Pour comprendre

Les reconnaissances de paternité établies à l’étranger peuvent produire des effets administratifs importants, notamment pour l’état civil et les documents de voyage. Dans ce dossier, la justice cherche à déterminer si ces démarches ont été utilisées pour déplacer des enfants sous couvert de liens familiaux déclarés.

Le rôle déclencheur d’un disque dur signalé

L’enquête trouve son origine en février 2023, à Saint-Laurent-de-la-Salanque. Un client récupère un disque dur après réparation et découvre qu’il ne lui appartient pas. En l’ouvrant, il tombe sur des images impliquant deux petites filles asiatiques, selon le récit de l’article source.

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Disque dur signalé dans une enquête de justice
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le support est rendu à la société d’informatique, qui comprend l’erreur et alerte la gendarmerie. Le véritable propriétaire est alors identifié : Guy C., domicilié à Port-Leucate. Les enquêteurs relèvent ensuite, sur ses supports numériques, des éléments décrits comme très préoccupants par les experts cités dans la procédure.

Le dossier est aussi nourri par un signalement de la Team Moore, un collectif de citoyens qui dit traquer des prédateurs sexuels en ligne au moyen de profils d’enfants virtuels. Ses fondateurs affirment avoir transmis 692 dossiers à la justice en sept ans. Dans le cas évoqué, un autre habitant de la même résidence avait été condamné en juillet 2025 à 24 mois de prison dont 15 avec sursis.

Une piste internationale encore en cours de vérification

Après la découverte de l’adolescente, les enquêteurs s’intéressent à un autre homme : Jérémy M., 40 ans, installé à Aubagne et présenté comme un ami de longue date de Guy C. Selon les éléments rapportés, il aurait reconnu cinq enfants entre 2012 et 2020, trois en Thaïlande et deux aux Philippines.

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Dossier international examiné avec un avocat
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Guy C. le met lourdement en cause et évoque un système de reconnaissances de paternité permettant de faire venir des enfants en Europe. L’avocat général, cité dans l’article source, résume la gravité du dossier en déclarant : « Ce dossier me donne la chair de poule ». Les enquêteurs cherchent désormais à vérifier le parcours d’autres enfants qui auraient pu croiser la route des deux hommes.

Jérémy M. conteste les faits. Devant la cour d’appel de Montpellier, le 19 mai 2026, il affirme qu’un test ADN ordonné par la juge confirmerait qu’une enfant est bien sa fille biologique et demande des tests pour ses autres enfants. Son avocat, Me Mathieu Montfort, souligne qu’il conteste l’intégralité des faits et qu’il n’est pas mis en examen pour des faits de nature sexuelle sur les mineurs.

Le dossier reste donc à ce stade une instruction judiciaire, avec des soupçons lourds mais encore en cours de vérification. Les deux hommes restent présumés innocents, tandis que les gendarmes poursuivent leurs recherches en Europe et en Asie, notamment autour d’enfants potentiellement passés par l’aide sociale à l’enfance.

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C’est le nombre d’enfants que Jérémy M. aurait reconnus entre 2012 et 2020 en Thaïlande et aux Philippines, selon les éléments rapportés.

L’affaire de Port-Leucate met au jour un dossier particulièrement sensible, à la croisée de la protection de l’enfance, de la justice pénale et des contrôles administratifs internationaux. Les faits les plus graves restent soumis à l’instruction et devront être établis par les magistrats. Ce qu’il faut retenir, à ce stade, est la découverte d’une adolescente isolée, l’existence de soupçons de traite et de violences sexuelles, et la poursuite de vérifications pour identifier d’autres enfants potentiellement concernés.

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