Suivez-nous
25 août 2026
Derniers articles

Franco-algérienne, musulmane et voilée : pourquoi elle soutient Marine Le Pen et dénonce « les profiteurs de son pays d’origine »

Faïza incarne une ligne de rupture inattendue : celle d’immigrés installés de longue date qui se sentent menacés par les nouveaux venus. Son discours rompt avec l’image d’une communauté unie face au programme du RN. Au contraire, elle revendique une légitimité d’ancienneté qui justifierait un traitement différencié. Cette fracture interne, rarement exposée dans l’espace public, éclaire d’un jour nouveau les tensions qui agitent certains quartiers populaires. Pour Faïza, le danger ne vient pas de Marine Le Pen, mais de ceux qu’elle accuse de profiter du système sans s’intégrer.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Islam Radical Et Fermeture Des Frontières : Ses Combats

Pour Faïza, la menace qui pèse sur la France ne vient pas du programme du RN. « Le pays est menacé par l’islam radical », martèle-t-elle. Cette femme voilée, dont les parents ont quitté l’Hexagone pour l’Algérie en 1966, dénonce avec virulence les dérives qu’elle observe dans son propre quartier. Elle s’oppose fermement aux prières de rue, qu’elle considère comme une provocation incompatible avec la vie républicaine.

Née en France, elle a demandé ses papiers français dans les années 2010, après des décennies passées sur le territoire national. Cette démarche tardive n’a fait que renforcer son sentiment d’appartenance à la nation. « Quand je marche dans mon quartier, je sens les arrivages d’immigrés, je les entends parler arabe », confie-t-elle au Nouvel Obs. Son discours révèle une angoisse du déclassement : celle d’une immigrée de longue date qui voit son statut fragilisé par l’arrivée de nouveaux venus.

« Ils arrivent et on leur donne tout, un logement et des aides, je ne suis pas d’accord », poursuit-elle. Faïza revendique une priorité absolue pour sa génération et ses enfants nés en France. « Il faut s’occuper d’eux d’abord », insiste-t-elle. Sa vision repose sur une hiérarchie stricte : les Français de souche, puis les immigrés assimilés comme elle, et enfin les nouveaux arrivants qu’elle accuse de profiter sans s’intégrer. Cette grille de lecture nourrit sa conviction que seule la fermeture des frontières préservera l’équilibre précaire qu’elle défend.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

L’Assimilation Comme Ligne De Fracture

Cette hiérarchie implacable structure toute la vision de Faïza. Elle ne se contente pas de critiquer l’accueil des nouveaux arrivants : elle dénonce un système qui, selon elle, favorise les derniers venus au détriment des « anciens » comme elle. « Nous, on se plaint parce qu’ils ne nous ressemblent pas. Je suis française. Mes enfants sont nés en France. Il faut s’occuper d’eux d’abord », revendique-t-elle. Cette priorité nationale qu’elle réclame dessine une France à plusieurs vitesses, où l’antériorité de l’immigration vaudrait droit d’accès aux ressources publiques.

Son argumentaire prend une tournure inattendue lorsqu’elle évoque le racisme pratiqué dans son pays d’origine. « Je leur rappelle que nous, en Algérie, on est racistes envers les Noirs et les Chinois par exemple. On ne supporterait pas qu’ils profitent de notre pays. Pourtant, on ne voit pas le problème à venir en France, il faut pas charrier », assène-t-elle. Cette logique de réciprocité justifie à ses yeux une politique migratoire restrictive : si l’Algérie rejette les étrangers, pourquoi la France devrait-elle se montrer plus accueillante ?

Faïza établit une dernière distinction, celle qui sépare les communautés selon leur rapport au travail. « Les Indiens et les Chinois, ils bossent, mais les gens de chez nous, ils nous font honte », lâche-t-elle avec amertume. Cette phrase révèle l’essentiel de sa démarche : rompre avec une communauté qu’elle juge défaillante pour rejoindre le camp de ceux qui incarnent l’ordre et le mérite.

Publicité

Articles suggérés

Partager sur Facebook