Le ministère public a estimé que ces paroles franchissaient la limite légale en faisant l’éloge d’un acte terroriste devant un large public. Le morceau avait été diffusé sur les plateformes d’écoute en ligne, lui assurant une audience significative bien au-delà du seul milieu du rap.
L’attentat du 14 juillet 2016
Le soir de la fête nationale, un camion a foncé sur la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais à Nice, tuant 86 personnes et en blessant plusieurs centaines d’autres. L’auteur, abattu par la police, avait agi au nom de l’organisation État islamique, qui a revendiqué l’attentat. Il s’agit de l’une des attaques terroristes les plus meurtrières de l’histoire contemporaine de la France.
Un verdict prononcé en l’absence du rappeur
Le procès s’est tenu le 16 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Nice. À l’audience comme au moment du délibéré, Issa Lorenzo Diakhaté — âgé de 33 ans — était absent. Il n’avait par ailleurs jamais répondu aux enquêteurs au cours de l’instruction.

Le parquet avait requis 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et trois ans d’interdiction de séjour dans les Alpes-Maritimes. Le tribunal a légèrement allégé la peine privative de liberté, la fixant à 15 mois avec sursis, tout en maintenant l’intégralité des autres sanctions.
Son avocat, Maître Adrien Chartron, avait plaidé la relaxe au nom de la liberté d’expression artistique. À l’issue du verdict, il a annoncé l’intention de son client de faire appel, qualifiant la décision de relevant « plus de l’autoritaire que du droit ».
La voix des victimes : une douleur ravivée
Pas moins de 17 associations de victimes de l’attentat se sont portées parties civiles dans cette procédure, témoignant de l’ampleur de l’émotion suscitée par les paroles incriminées. Parmi elles, Life for Nice et La Voix des Enfants, qui accompagnent depuis dix ans les rescapés et leurs familles.

Hager ben Aouissi, présidente d’une association prenant en charge les enfants traumatisés par l’attentat, a exprimé sans détour la colère des victimes : « Le terrorisme ne doit pas être une image de puissance. » Pour elle et pour de nombreuses familles endeuillées, ces paroles ne constituent pas une simple métaphore artistique, mais une instrumentalisation commerciale de leur deuil.
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