📌 Galettes des rois Lidl : polémique sur la présence de rhum non affichée sur l’emballage belge

Posted 10 janvier 2026 by: Admin
La Découverte Polémique : Quand Une Galette De Supermarché Cache Un Ingrédient Sensible
Chaque janvier, les galettes des rois envahissent les rayons. Mais pour un client musulman, la tradition festive s’est transformée en déconvenue. En lisant attentivement l’étiquette d’une galette des rois Lidl, il découvre un ingrédient inattendu : du rhum. Sa réaction ne se fait pas attendre.
L’homme publie une vidéo sur les réseaux sociaux avec un message sans équivoque : « N’achetez pas les galettes des rois Lidl, il y a de l’alcool ». Le clip devient rapidement viral, accumulant des milliers de partages. Son appel s’adresse directement aux autres musulmans qui, comme lui, pensaient acheter un simple produit de grande surface pour partager un moment en famille.
Le sentiment de tromperie exprimé résonne particulièrement dans un contexte économique tendu. Avec la hausse des prix chez les artisans, de nombreuses familles se tournent vers les supermarchés pour leurs galettes. Ces consommateurs recherchent avant tout une solution accessible, sans imaginer que la composition puisse poser problème pour leurs convictions religieuses.
La séquence vidéo, largement diffusée, soulève une question dérangeante : comment un ingrédient aussi sensible peut-il passer inaperçu lors d’un achat aussi banal ? Cette découverte fortuite d’un simple client révèle un enjeu de transparence qui dépasse le cas individuel.
L’Affaire Des Emballages : Un Changement Qui Interroge
Au-delà de la composition, c’est la présentation même du produit qui suscite des interrogations. Un employé de l’enseigne révèle une pratique troublante : « On nous a demandé d’enlever l’emballage d’origine des galettes des rois pour les remplacer par des emballages de pain ». Selon lui, cette directive s’applique dans tous les magasins Lidl.
Ce changement d’emballage pose un problème majeur de transparence. Les clients se retrouvent face à un conditionnement générique, sans accès immédiat à la liste complète des ingrédients. L’information sur la présence de rhum, pourtant cruciale pour certains consommateurs, devient invisible au moment de l’achat.
La situation crée un paradoxe : le produit contient bel et bien du rhum, mais l’emballage utilisé en rayon ne permet pas de le détecter facilement. Les acheteurs qui ne consultent pas systématiquement les bases de données en ligne ou les QR codes en magasin achètent donc le produit sans consentement éclairé.
Cette pratique de substitution d’emballage, même si elle répond potentiellement à des contraintes logistiques, transforme un acte d’achat ordinaire en parcours du combattant pour quiconque souhaite vérifier la composition exacte. Le client musulman à l’origine de la polémique illustre parfaitement cette réalité : ce n’est qu’en scrutant l’étiquette qu’il découvre l’ingrédient problématique.
La Riposte De Lidl : Arguments Juridiques Et Logistiques
Face à la polémique, l’enseigne allemande sort du silence et avance des justifications réglementaires. Walériane Dubois-Decroix, porte-parole de Lidl Belgique, tranche : « C’est une question légale ». L’explication tient en quelques mots : les packagings français fournis par le fabricant mentionnent un concours promotionnel non valable en Belgique, rendant leur utilisation illégale sur le territoire.
La direction précise que « les galettes des rois commercialisées en Belgique sont identiques à celles proposées par Lidl France », mais que les obligations légales belges imposent un emballage conforme. Cette contrainte réglementaire expliquerait le recours aux emballages génériques de pain, une solution présentée comme la seule viable pour respecter le cadre juridique.
Sur la composition elle-même, Lidl reconnaît explicitement l’ajout de rhum dans la recette, tout en minimisant sa présence. La porte-parole évoque une quantité « très faible », sans préciser de pourcentage. L’enseigne renvoie les consommateurs vers son site internet pour consulter la liste complète des ingrédients, et souligne la disponibilité d’un QR code en magasin renvoyant aux allergènes. Le personnel reste également mobilisable pour répondre aux questions sur la composition des produits de boulangerie.
Cette défense juridico-logistique déplace le débat : il ne s’agirait plus d’une dissimulation volontaire, mais d’un arbitrage entre contraintes réglementaires et transparence commerciale. Reste que pour les consommateurs confrontés aux rayons, la distinction entre alcool ajouté et alcool de fermentation demeure floue.
Halal Et Transparence : Les Clés Pour Des Achats Éclairés
Cette confusion entre alcool ajouté et alcool naturel trouve son origine dans la réglementation elle-même. Les autorités de consommation le confirment : un produit de boulangerie peut contenir de l’alcool issu de la fermentation sans que cette présence ne soit signalée spécifiquement sur l’emballage. Ce phénomène chimique naturel échappe à l’obligation d’étiquetage.
La frontière légale se dessine ailleurs. Dès lors qu’un alcool comme le rhum est ajouté volontairement en tant qu’ingrédient, son nom doit impérativement apparaître dans la liste de composition. Cette distinction technique impose aux consommateurs, particulièrement ceux suivant un régime halal, une vigilance accrue avant tout achat.
Trois vérifications s’imposent désormais comme des réflexes essentiels : repérer la présence d’un logo Halal officiel sur le packaging, lire intégralement la liste d’ingrédients en cherchant les termes « rhum », « alcool » ou toute autre mention d’alcool ajouté, et ne pas hésiter à solliciter le personnel en magasin pour obtenir des précisions. Le QR code mentionné par Lidl peut également servir de point de contrôle, à condition d’avoir son smartphone à portée de main.
Pour les familles musulmanes qui partagent la galette des rois en janvier, ce cas révèle une réalité : aucun produit de grande distribution ne doit être considéré comme automatiquement conforme aux prescriptions alimentaires religieuses. La transparence commerciale reste perfectible, et la responsabilité de vérification incombe encore largement au consommateur.










