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9 septembre 2026
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Grasset, Bolloré, Hanouna : Quotidien tourne en dérision la guerre culturelle

Un troisième titre, « Et si on parlait des arabes », était attribué à Pascal Praud, dont les émissions sur CNews traitent régulièrement des thématiques de l’immigration. Un quatrième ouvrage fictif était quant à lui signé par la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, compagne de Jordan Bardella. Paul Gasnier a tenu à préciser en direct que ces couvertures étaient entièrement fictives, saluant au passage le travail de l’illustrateur.

Derrière le rire, une inquiétude profonde sur la liberté culturelle en France

La séquence de Quotidien traduit une anxiété plus profonde sur la concentration du pouvoir médiatique et éditorial en France. Vincent Bolloré contrôle désormais plusieurs médias d’influence nationale — CNews, C8 et Europe 1 — auxquels s’ajoute le poids considérable du groupe Hachette, dont Grasset est l’un des fleurons historiques.

Derrière le rire, une inquiétude profonde sur la liberté culturelle en France

Cette accumulation d’actifs culturels entre les mains d’un même propriétaire aux convictions ultraconservatrices inquiète de nombreux acteurs du monde de la culture. La notion de « guerre culturelle », reprise tant par les auteurs de Grasset dans leur lettre que par Quotidien, résume le sentiment d’un combat idéologique pour redéfinir les contours du débat public français.

La satire de Mathieu Persan et de Paul Gasnier n’est ainsi pas anodine : en associant des figures emblématiques de CNews à l’univers de la grande édition littéraire, elle pointe du doigt ce que beaucoup perçoivent comme une volonté de normalisation culturelle. L’affaire Grasset constitue, pour beaucoup d’observateurs, un tournant dans la question de l’indépendance éditoriale et médiatique en France.

L’affaire Grasset illustre la tension croissante entre logique capitalistique et indépendance culturelle en France. Si la satire de Quotidien a offert une respiration comique à un sujet grave, elle n’efface pas l’inquiétude réelle d’un milieu littéraire déboussolé. L’éviction d’Olivier Nora, la fronde des 115 auteurs et les fausses couvertures de Mathieu Persan forment ensemble un signal d’alarme difficile à ignorer : en France, la liberté éditoriale — longtemps considérée comme un acquis — est aujourd’hui perçue par beaucoup comme un bien menacé.

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