
Parmi les signataires figurent des noms majeurs de la littérature contemporaine : Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy ou encore Frédéric Beigbeder. Dans leur lettre, ils dénoncent une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » et accusent Vincent Bolloré de mener une « guerre idéologique » visant à « imposer l’autoritarisme dans la culture et les médias ».
Le terme de « guerre culturelle » a été repris par l’émission Quotidien pour caractériser la situation. Le monde de l’édition, longtemps préservé des grandes manœuvres capitalistiques, se retrouve désormais au cœur d’un affrontement qui dépasse les seules querelles littéraires.
Quotidien sort l’artillerie satirique avec de fausses couvertures de livres
C’est dans ce contexte tendu que l’émission Quotidien, présentée par Yann Barthès sur TMC, a choisi jeudi 16 avril d’aborder le sujet avec une tonalité délibérément satirique. Le chroniqueur Paul Gasnier a présenté au plateau une série de couvertures de livres fictives, imaginées par l’illustrateur français Mathieu Persan et publiées sur son compte Instagram.

Mathieu Persan avait conçu ces visuels pour dénoncer, à sa manière, l’éviction d’Olivier Nora, les présentant comme la « rentrée littéraire Grasset 2027 ». On y trouvait notamment « Des Nouilles dans le slip », attribué à Cyril Hanouna — référence à une séquence restée célèbre avec son ancien chroniqueur Matthieu Delormeau —, et « Le consentement et autres blagues », prêté à Jean-Marc Morandini, condamné en 2025 pour corruption de mineur et harcèlement sexuel.
Un troisième titre, « Et si on parlait des arabes », était attribué à Pascal Praud, dont les émissions sur CNews traitent régulièrement des thématiques de l’immigration. Un quatrième ouvrage fictif était quant à lui signé par la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, compagne de Jordan Bardella. Paul Gasnier a tenu à préciser en direct que ces couvertures étaient entièrement fictives, saluant au passage le travail de l’illustrateur.
Derrière le rire, une inquiétude profonde sur la liberté culturelle en France
La séquence de Quotidien traduit une anxiété plus profonde sur la concentration du pouvoir médiatique et éditorial en France. Vincent Bolloré contrôle désormais plusieurs médias d’influence nationale — CNews, C8 et Europe 1 — auxquels s’ajoute le poids considérable du groupe Hachette, dont Grasset est l’un des fleurons historiques.
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