C’est le 4 mai que les autorités sud-africaines confirment par séquençage génétique la présence du virus des Andes à bord. Le 10 mai, le navire accoste à Tenerife : une évacuation massive des passagers est immédiatement organisée. Le bâtiment repart ensuite vers Rotterdam pour une décontamination complète. Au 12 mai, l’Organisation mondiale de la santé dénombre 11 cas mondiaux : 7 confirmés, 1 suspecté et 3 décès.
Qu’est-ce que le virus des Andes ?
Le virus des Andes est un hantavirus sud-américain identifié dans les années 1990, hébergé naturellement par des rongeurs sauvages. Il est l’unique hantavirus parmi les 38 connus pour lequel une transmission d’humain à humain a été scientifiquement documentée, mais celle-ci exige un contact physique extrêmement étroit et prolongé avec un malade. Aucun traitement antiviral ni vaccin homologué n’existe contre cette infection ; la prise en charge reste exclusivement symptomatique.
Le vol Sainte-Hélène–Johannesburg : comment le virus a atteint vingt-deux Français
La chaîne de contamination qui conduit jusqu’en France débute le 25 avril sur un vol reliant l’île Sainte-Hélène à Johannesburg. L’épouse du premier défunt embarque à bord alors que son état de santé se dégrade rapidement. Elle décède à son arrivée en Afrique du Sud. Huit ressortissants français se trouvaient à bord de ce même appareil et sont immédiatement considérés comme cas contacts à haut risque.

Quatorze autres Français sont ensuite identifiés sur le vol Johannesburg–Amsterdam que la passagère néerlandaise avait tenté d’emprunter. Le personnel de bord de KLM lui avait refusé l’embarquement en raison de son état de santé. Ces 14 passagers français, présents dans l’aéroport au même moment, entrent eux aussi dans le périmètre du traçage. Au total, 22 Français sont reconnus comme cas contacts et hospitalisés dans des établissements de référence : la Pitié-Salpêtrière et Bichat à Paris, ainsi que des hôpitaux à Rennes et Marseille.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist précise que chaque patient est placé en chambre à double flux, un dispositif empêchant tout échange atmosphérique avec l’extérieur. Un décret gouvernemental a formalisé ce protocole de quarantaine. La ministre se veut rassurante : il n’existe « aucun élément en faveur d’une circulation diffuse du virus » sur le territoire français. Les résultats des tests de dépistage sont communiqués dans un délai de vingt-quatre heures.
Trois adolescents sous surveillance, une Française en réanimation
Parmi les huit passagers français du vol du 25 avril, trois adolescents issus d’une même fratrie retiennent particulièrement l’attention des autorités sanitaires. Voyageant avec leurs parents à proximité de la passagère néerlandaise décédée, ils sont hospitalisés à la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Leurs médecins indiquent qu’ils « vont très bien » et qu’aucun symptôme n’est apparu depuis leur admission.

Ils resteront hospitalisés pour une durée minimale de quinze jours, correspondant à la période d’incubation moyenne du virus. Cette surveillance étroite permet aux équipes médicales de réagir immédiatement si de la fièvre ou des symptômes respiratoires venaient à se manifester. L’hospitalisation préventive n’implique pas, à ce stade, que ces adolescents soient infectés.
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