
Quatorze autres Français sont ensuite identifiés sur le vol Johannesburg–Amsterdam que la passagère néerlandaise avait tenté d’emprunter. Le personnel de bord de KLM lui avait refusé l’embarquement en raison de son état de santé. Ces 14 passagers français, présents dans l’aéroport au même moment, entrent eux aussi dans le périmètre du traçage. Au total, 22 Français sont reconnus comme cas contacts et hospitalisés dans des établissements de référence : la Pitié-Salpêtrière et Bichat à Paris, ainsi que des hôpitaux à Rennes et Marseille.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist précise que chaque patient est placé en chambre à double flux, un dispositif empêchant tout échange atmosphérique avec l’extérieur. Un décret gouvernemental a formalisé ce protocole de quarantaine. La ministre se veut rassurante : il n’existe « aucun élément en faveur d’une circulation diffuse du virus » sur le territoire français. Les résultats des tests de dépistage sont communiqués dans un délai de vingt-quatre heures.
Trois adolescents sous surveillance, une Française en réanimation
Parmi les huit passagers français du vol du 25 avril, trois adolescents issus d’une même fratrie retiennent particulièrement l’attention des autorités sanitaires. Voyageant avec leurs parents à proximité de la passagère néerlandaise décédée, ils sont hospitalisés à la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Leurs médecins indiquent qu’ils « vont très bien » et qu’aucun symptôme n’est apparu depuis leur admission.

Ils resteront hospitalisés pour une durée minimale de quinze jours, correspondant à la période d’incubation moyenne du virus. Cette surveillance étroite permet aux équipes médicales de réagir immédiatement si de la fièvre ou des symptômes respiratoires venaient à se manifester. L’hospitalisation préventive n’implique pas, à ce stade, que ces adolescents soient infectés.
La bonne nouvelle du 14 mai est double : la totalité des 22 cas contacts présents en France a été testée négative. Mais la situation reste préoccupante pour une passagère française dont le cas est distinct du groupe de contacts. Confirmée positive au virus des Andes, elle est hospitalisée en réanimation à l’hôpital Bichat, à Paris, avec son pronostic vital engagé. Le professeur Xavier Lescure précise qu’elle est sous assistance respiratoire. Aucun traitement antiviral approuvé n’existant, les équipes médicales prodiguent uniquement des soins de support pour stabiliser son état.
Ce que disent les experts : un virus connu, un risque de pandémie jugé faible
Le virus des Andes est connu des chercheurs depuis les années 1990. Il circule principalement en Amérique du Sud, transmis à l’origine par inhalation d’aérosols contaminés par les déjections de rongeurs sauvages infectés. Parmi les 38 hantavirus répertoriés à travers le monde, il est le seul pour lequel une transmission interhumaine a été documentée — mais uniquement en cas de contact physique extrêmement étroit et prolongé avec une personne malade.

Yasmine Belkaid, directrice générale de l’Institut Pasteur, a tenu à rassurer : « Il n’y a pas d’évolution de ce virus, il n’a pas muté. » Le séquençage génétique confirme que la souche identifiée à bord du MV Hondius est similaire à celle isolée dans des rongeurs et étudiée depuis trois décennies. Cette stabilité génétique est un élément rassurant : le virus n’a pas acquis de nouvelles capacités de diffusion.

